ALGÉRIE
29/08/2019 12h:38 CET

Le RCD publie un document à charge contre Belabbes qu’il présente comme une “attaque inspirée par les services”

DR
Mohcine BelAbbès

Une heure après relayé sur sa page Facebook, un post annonçant qu’une “attaque inspirée par les services et obéissant à l’agenda caché de l’État major de l’armée est en préparation pour déstabiliser le RCD”, le parti a pris les “devants” pour publier un document destiné à étayer l’existence de cette opération de déstabilisation. 

Il s’agit d’un document à charge contre le président du parti, Mohcine Belabbes - qui le publie aussi sur sa page Facebook personnelle - signé de manière anonyme et vague “Les membres du conseil national et les élus du RCD”. 

Dans une présentation succincte, les gestionnaires de la page du RCD soulignent que le document “dont vous pouvez deviner facilement ses rédacteurs vise à déstabiliser le RCD en ces temps de révolution pour le compte du pouvoir de fait”. 

Le document, précise la présentation, n’a pas été rendu public et “nous le faisons à leur place pour permettre un débat dans la transparence sur le RCD, son fonctionnement et son histoire. Les militants du RCD et ses dirigeants n’ont jamais refusé le débat”.

“Prise d’otage”, “délation”, “police politique 

Un exercice de transparence pour un document titré “Où va le RCD”dont les auteurs - non identifiés - accablent la direction et disent ne pas vouloir le parti “ sombrer au moment où le peuple et le pays a le plus besoin de lui.”  Le RCD accusent-ils est “pris en otage” par Mohcine Bellabes et son “homme de main”, Ouamar Saoudi, Secrétaire national à la coordination. Ils décrivent un parti où les “structures sont verrouillées”, où les “promotions se font sur la base d’allégeances et même de soumissions”. L’atmosphère, assurent-ils, est “étouffante”, à Alger, “ délation est de mise”.  

Selon eux, la direction aurait exigé des secrétaires nationaux de lui donner les mot de passe de leur page Facebook, une “violation de la vie privée dépasse toutes les bornes”. “Le RCD, sous votre présidence, s’est doté d’une véritable police politique”, écrivent-il à l’adresse de BelAbbes. 

Pire, Belabbes est accusé d’avoir dit que Samira Messouci, l’élue du RCD placée sous mandat de dépôt pour port de drapeau amazigh, méritait sort car “c’est une agitée qui cherchait à être interpellée. Il ne vous reste plus qu’à énoncer le verdict de sa condamnation!”.

Les auteurs du texte reprochent au président du RCD d’avoir signé un communiqué avec Mourad Dhina, de nouer des alliances qui “peuvent engager le parti pendant des années”, de “l’accrocher”à l’arrière-train du FFS, de l’UCP et du PLD…  Ils reprochent également à Belabbes de s’exprimer sur Al Magharibia, d’avoir qualifié la désobéissance civile de “dérive gauchisante”, de ne  plus “faire référence à la laïcité” et même d’avoir gardé le “silence du parti après l’agression de l’ex-président du RCD, à Bejaia”. Pour eux, le but de Mohcine Belabbes est “la liquidation du parti”.

Pour rappel, le RCD a réagi à l’interdiction de la convention de “l’alternative démocratique” en dénonçant, par la voix du secrétaire national chargé de la communication du RCD, Atmane Mazouz, “l’autoritarisme du pouvoir de la casquette qui veut dicter son agenda caché à tout un peuple épris de justice et de liberté….”.