ALGÉRIE
30/12/2018 14h:17 CET | Actualisé 30/12/2018 14h:55 CET

Le rappel à l'ordre du MDN

Le site du MDN

Silence les ex! C’est en résumé la sommation ou le rappel à l’ordre publié par le Ministère de la défense Nationale (MDN) rappelant à ses anciens officiers l’obligation de réserve et menaçant de poursuites judiciaires tout contrevenant. 

Les contributions des militaires dans les colonnes des journaux ne sont clairement pas du tout goût du haut commandement de l’Armée populaire nationale (ANP). 

“A l’approche de l’échéance électorale présidentielle, certains individus mus par des ambitions démesurées et animés par des intentions sournoises tentent et par tous les moyens, notamment les médias, de préjuger des prises de positions de l’institution militaire vis-à-vis des élections présidentielles et s’arrogent, même, le droit de parler en son nom”, lit-on dans un texte d’une rare virulence.

Le haut commandement de l’armée affirme clairement sa vive réprobation aux différentes interpellations qui lui sont adressées et se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires contre les auteurs des textes publiés dans la presse nationale, allusion au général Ali Ghediri ou peut-être aussi au général Rachid Benyelles qui avait interpellé ces dernières semaines le haut commandement de l’armée sur l’avenir du pays.  

“Ces gens-là qui ont fait abstraction de toute considération à l’obligation de réserve à laquelle ils sont astreints, en vertu de la loi n°16-05 du 03 août 2016 et sous peine de laquelle ils peuvent être poursuivis en justice, s’essayent à la politique, avec comme seul attribut l’esprit revanchard et se permettent, sans respect de toute forme d’éthique et de déontologie, de s’ériger en donneurs de leçons”. 

Soulignant que ces “militaires à la retraite” sont téléguidés et obéissent à des “cercles occultes”, le MDN critique le contenu des interpellations dont le haut commandement de l’armée a fait objet. Dans ce sillage, le MDN n’hésite pas à souligner “un discours incohérent”. 

“L’incohérence du discours développé par ces derniers, notamment concernant la question lancinante d’accorder la chance aux jeunes pour assumer des responsabilités au sommet de l’Etat, qui leur est, vraisemblablement, dicté par leur mentors, trahit leurs véritables intentions et leur approche maladroite, en ce sens que cette question n’a absolument pas lieu d’être posée et, pour cause, la quasi-totalité des hautes fonctions de l’Etat sont occupées à l’heure actuelle par des cadres, issus de la période post-indépendance. ”

Soulignant “les missions républicaines” de l’armée algérienne, le communiqué du MDN déplore un “acharnement de ces individus contre l’institution qui les a vus grandir, aux sens propre et figuré, que leur démarche, qui ne saurait être individuelle tant les arguments qui la sous-tendent sont fallacieux, et semble obéir à une machination fomentée par des cercles occultes.”

Le MDN précise dans ce sillage, que la démarche de l’ANP “est dictée par son caractère éminemment légaliste et républicain, respectueux de l’ordre constitutionnel” et qu’elle “n’a pas de leçons à recevoir d’individus qui n’existent que par les cercles qui les commanditent”.

Sur un ton menaçant, le MDN précise que ces “militaires à la retraite” ont “perdu le sens de la mesure”. Et de poursuivre: “ces individus s’accordent une vocation et une dimension qui ne sont pas les leurs, et se lancent, sans aucun scrupule, dans des affabulations débridées, découlant d’un narcissisme maladif, qui les pousse jusqu’à prétendre bien connaitre le Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire, pour prévoir sa position vis-à-vis des élections présidentielles ; grave dérive qui dénote d’un seuil inquiétant d’inconscience que seule l’ambition aveugle peut provoquer”.     

Affichant un dédain certain envers les militaires auteurs des contributions publiées par les journaux, le MDN qualifie de “tentative ratée de se faire prévaloir d’un soi-disant pragmatisme et réalisme, l’analyse développée sur le statut de l’Algérie au niveau régional par ces apprentis analystes révèle, à bien des égards, que la connaissance dans le domaine géostratégique, dont ils se targuent sans en maîtriser les contours, ne les prédisposent, même pas, à saisir le sens du concept “Etat pivot”, et trahit leur intention de minimiser les acquis réalisés à la faveur de la stratégie sécuritaire adoptée par le Haut Commandement, y compris en termes de coopération régionale et internationale, qui est mise en œuvre dans le cadre du strict respect des dispositions de la législation nationale.”

Et de conclure que “ces agissements récurrents qui ont dépassé, par leur indécence, le seuil de l’intolérable” pousse l’institution militaire à se réserver le droit de “faire appliquer à l’encontre de leurs auteurs, les mesures légales appropriées.”