MAROC
28/05/2018 12h:50 CET

Le Qatar interdit les produits saoudiens, émiratis, bahreïnis et égyptiens

Un an après le blocus imposé par l'Arabie saoudite et ses alliés.

Naseem Mohammed Bny Huthil / Reuters
Une femme fait ses courses dans un supermarché de Doha, au Qatar, le 7 juin 2017.

BOYCOTT - Un an après le blocus imposé contre le Qatar par l’Arabie saoudite et ses alliés, le petit pays du Golfe annonce le boycott des produits saoudiens, émiratis, bahreïnis et égyptiens.

Samedi 26 mai, le ministère qatari de l’économie et du commerce a émis une directive enjoignant tous les magasins et hypermarchés du pays à retirer de leurs rayons les produits provenant des pays boycotteurs, rapporte la presse locale. Des inspecteurs visiteront les magasins pour s’assurer qu’ils se conforment à la directive, a précisé le ministère.

“Sur instructions de son excellence le premier ministre, le ministère de l’Economie et du commerce ordonne aux magasins et hypermarchés de retirer d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d’Égypte et du Bahreïn à partir d’aujourd’hui.”

“Un blocus injuste”

“Cette décision va dans le même sens que l’appel de la Chambre de commerce du Qatar pour que les hommes d’affaires qataris arrêtent d’importer les marchandises et articles des pays bloqueurs”, indique un communiqué de la Chambre de commerce cité par le quotidien qatari Gulf Times. “Ces pays ont coupé leurs relations avec le Qatar et fermé leurs ports terrestres, maritimes et aériens au Qatar. C’est un blocus injuste qui vise la souveraineté et l’indépendance du pays et entrave son développement et sa prospérité”.

De son côté, le gouvernement qatari a rappelé, dans un communiqué publié samedi par son bureau de la communication, que le 5 juin 2017, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Égypte ont annoncé ”à l’improviste” qu’ils fermeraient leurs frontières terrestres et maritimes, ainsi que leurs aéroports et espaces aériens aux marchandises destinées au Qatar.

“Ces mesures ont eu une incidence sur toutes les marchandises qui transitent (ou pourraient transiter). Ils ont ensuite adopté une série de restrictions supplémentaires et d’exceptions arbitraires”, ajoute le communiqué.

Le gouvernement a ainsi décidé de publier cette directive visant à trouver de nouveaux fournisseurs pour les produits concernés “afin de protéger la sécurité des consommateurs dans l’État du Qatar et de lutter contre le trafic inapproprié de marchandises”.

Inspections et procédures douanières 

“Les produits originaires des États bloqueurs, qui ne peuvent pas franchir le territoire douanier du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en raison du blocus, doivent être soumis à des inspections et à des procédures douanières appropriées”, souligne le gouvernement, indiquant que le Qatar “mène sa politique commerciale conformément à tous ses accords multilatéraux et bilatéraux”.

Depuis un an, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont coupé toutes leurs relations diplomatiques et commerciales avec le Qatar, qu’ils accusent de financer des groupes terroristes et de rapprochement avec l’Iran. Des accusations niées par Doha, qui estime que son voisin saoudien et ses alliés entendent de cette manière pousser à un changement de régime au Qatar.

Selon Reuters, pendant les premières semaines du boycott, les importations au Qatar ont chuté d’environ 40% par rapport à l’année précédente, mais elles sont revenues à la normale depuis que Doha s’est tourné vers d’autres pays exportateurs comme la Turquie, le Maroc et l’Iran.

Selon l’AFP, beaucoup de ces importations entrent dans le pays via les ports du Koweït et d’Oman. “C’est par le biais de ces ports, et aussi par l’intermédiaire de particuliers, que les marchandises des pays boycotteurs parviennent à entrer au Qatar”, a indiqué une source à l’agence française de presse. “Les hommes d’affaires des pays bloqueurs essaient de contourner le blocus... en utilisant des tiers”, a-t-elle déclaré.