MAROC
30/05/2019 18h:27 CET

Le procès du meurtre d'Imlil reporté au 13 juin

En cette troisième audience, l'audience des accusés a commencé.

- via Getty Images

PROCÈS - Plus longue que les autres, cette troisième audience du procès du meurtre des deux touristes scandinaves, tuées le 17 décembre à Imlil, a eu lieu ce jeudi 30 mai, à la Chambre criminelle chargée des affaires terroristes à Salé. “L’audition des accusés commencé. Cinq d’entre eux ont été entendus au cours de cette audience et d’autres le seront aux prochaines”, déclare au HuffPost Maroc l’avocate au barreau de Rabat Hafida Maksaoui. 

Reporté au 13 juin, le procès poursuivra donc l’audition de l’ensemble des 24 accusés, dont un étranger, l’hispano-suisse Kevin Z.G. Parmi les cinq accusés auditionnés au cours de cette audience, figure Abdessamad E.J. tenu pour principal instigateur du crime d’Imlil. Il serait l’émir de la cellule terroriste qui a commandité ce crime, d’après le profil dressé par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) lors de son arrestation. Il serait l’orateur dans la vidéo tournée une semaine avant le meurtre, où quatre suspects prêtent allégeance à Daech. 

À l’audience précédente, 15 mai, un rebondissement de taille a marqué le procès. Une requête a été déposée par la partie civile invoquant la responsabilité de l’État dans ce procès. L’avocat de la partie civile Khalid El Fataoui, qui représente la famille de Louisa Vesterager Jespersen, la jeune touriste danoise de 24 ans qui a été tuée avec son amie norvégienne Maren Ueland, 28 ans, avait expliqué à notre rédaction que cette requête se base sur le principe selon lequel chaque État est appelé à “assurer la protection de ses citoyens et des touristes qui se trouvent sur son territoire”.

Cette requête d’invoquer la responsabilité de l’Etat a bien été approuvée par le juge. L’Etat devra donc être représenté dans ce procès par son chef du gouvernement. “Cette décision du juge conforte les ayant droits et leur donne confiance en la justice marocaine”, nous avait alors confié Me El Fataoui. 

Pour rappel, les 24 accusés sont poursuivis pour “constitution d’une bande en vue de préparer et commettre des actes terroristes visant à porter gravement atteinte à la sûreté de l’État, l’aide préméditée à des auteurs d’actes terroristes, l’entraînement de personnes en vue de rejoindre une organisation terroriste et apologie du terrorisme”.