MAROC
18/10/2018 12h:48 CET | Actualisé 03/12/2018 16h:27 CET

Le procès de la militante du Hirak, Nawal Benaissa, a été reporté

Amnesty International appelle à mettre fin aux poursuites contre celle qui a manifesté aux côtés de Zefzafi.

FADEL SENNA via Getty Images

JUSTICE - Son procès qui devait avoir lieu le 18 octobre à la Cour d’appel d’Al Hoceima a été reporté au 20 novembre. La militante du Hirak Nawal Benaissa devra donc attendre quelques jours de plus avant de connaître son verdict.

“Quand Nasser Zefzafi et d’autres militants ont commencé à se rassembler et à créer le mouvement Hirak, j’ai ressenti le besoin de faire entendre ma voix. J’ai quitté ma cuisine pour descendre dans la rue afin de demander que les droits universels soient respectés”, a raconté, à Amnesty International, la militante qui a protesté aux côtés de Nasser Zafzafi, leader du mouvement du Rif. Ce dernier a écopé, le 26 juin, de 20 ans de prison ferme.

“En tant que mère inquiète pour l’avenir de mes quatre enfants, j’ai vraiment compris les raisons qui ont poussé ces jeunes hommes et jeunes femmes à protester et à demander des conditions de vie décentes et plus de justice sociale”, a déclaré Benaissa à l’ONG internationale pour la défense des doits de l’Homme.

Qualifiée par plusieurs médias marocains et internationaux comme la relève de Zefzafi, la Rifaine de 37 ans avait quant à elle été condamnée, le 15 février 2018, à 10 mois prison et une amende de 500 dirhams pour “participation à une manifestation non autorisée”, “insulte aux agents de la force publique”, et “incitation à commettre des infractions pénales”. Malgré ses quatre arrestations entre juin et septembre 2017, Benaissa est pourtant restée en état de liberté en attendant son nouveau procès.

Nawal Benaissa/Facebook

Très active, depuis le début du mouvement, sur sa page Facebook, supprimée à la demande des autorités, où elle comptait plus de 80.000 abonnés, Benaissa avait d’abord été poursuivie pour incitation à la protestation pour ses déclarations publiées sur le réseau social entre juin et août 2017.

Libération immédiate

Le 17 octobre, Amnesty International a appelé à abandonner toutes les poursuites contre cette “défenseure des droits humains”. Pour l’organisation, Nawal est une “manifestante pacifique” qui a été victime “d’actes d’intimidation et de manœuvres de harcèlement répétés”.

“La condamnation de Nawal Benaissa a clairement pour but de la réduire au silence et de criminaliser son militantisme et son rôle au sein du mouvement Hirak. Les autorités doivent annuler sa déclaration de culpabilité et sa condamnation, et abandonner immédiatement les poursuites lancées contre elle”, a déclaré dans un communiqué, Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

L’organisation a également appelé, par la même occasion, à la libération de tous les manifestants, défenseurs de droits humains, militants et journalistes non violents incarcérés “uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique”.

Par ailleurs, l’ONG invitera le 29 novembre des milliers de ses membres et sympathisants dans le monde, afin “d’agir en faveur de Nawal Benaissa” lors de la campagne annuelle d’Amnesty, ”Écrire pour les droits”. Les sympathisants seront invités à prendre part à de grandes sessions d’écritures de lettres mais aussi à signer des pétitions pour libérer les détenus politiques, poster des tweets et envoyer des courriels adressées notamment aux détenus politiques.