MAROC
17/09/2019 12h:17 CET

Le procès de la journaliste Hajar Raissouni reporté au 23 septembre

Le tribunal devra statuer sur la demande de liberté provisoire ce jeudi.

Associated Press
La journaliste Hajar Raissouni a été arrêtée le 31 août dernier. (AP Foto/Mosa'ab Elshamy)

JUSTICE - Le tribunal de première instance de Rabat a décidé d’examiner le 19 septembre la demande de mise en liberté provisoire de la journaliste Hajar Raissouni, poursuivie pour des faits en relation avec l’avortement.

Au cours d’une audience tenue hier, lundi 16 septembre, la cour a reporté au 23 du même mois l’examen de cette affaire, alors que la défense a demandé au tribunal de mettre fin à la détention de l’accusée brandissant pour argument “l’absence du flagrant délit”.

Autre argument soulevé par la défense de l’accusée: “la nullité des procès-verbaux établis par la police judiciaire”, indique la MAP. Et d’ajouter que la défense a aussi sollicité la convocation de témoins au fait de la relation de mariage de Hajar Raissouni. Sur la liste de ces témoins figure un médecin de permanence au sein du service des urgences de la maternité qui avait effectué un examen de contrôle préliminaire sur l’intéressée, précise la même source.

“Respectueuses des principes de la légalité et de la légitimité”

Au cours de cette audience, le parquet a demandé le rejet des requêtes de forme présentées par la défense, y compris l’absence du flagrant délit et la nullité des procès-verbaux qu’il a jugés “irréprochables au regard du Code de procédure pénale”. Toutes les procédures et dispositions prises dans cette affaire, a-t-il affirmé, “sont largement respectueuses des principes de la légalité et de la légitimité”.

Le procureur général du roi près le tribunal de première instance de Rabat avait affirmé que les poursuites judiciaires engagées contre la journaliste, arrêtée le 31 août en compagnie d’autres personnes, dont un médecin, ne sont pas liées à son statut professionnel, mais sont motivées par des actes relatifs à l’avortement.

Tenant également à souligner que l’arrestation de Raissouni n’a aucun aspect politique, le parquet avait précisé également, dans un communiqué, que l’intéressée avait été appréhendée “de manière fortuite suite à sa visite à une clinique, qui faisait l’objet d’une surveillance sur la base de renseignements reçus par la police judiciaire au sujet de pratiques récurrentes d’opérations d’avortement”.

Dans sa version, la défense de Hajar Raissouni avait, elle, soutenu que l’arrestation par la police est intervenue alors que la journaliste quittait le cabinet de son gynécologue à Rabat “où elle s’était rendue d’urgence pour une hémorragie”. “Elle a, par la suite, été menée par la police au CHU de Rabat où elle a subi, contre son gré et en dehors de toute procédure légale, une ‘contre-expertise’ médicale d’une extrême violence afin de lui faire avouer des actes qui relèvent de sa vie privée et qu’elle n’a en l’occurrence pas commis”, plaide la défense. D’après le contre-examen médical diligenté par la police, la jeune femme aurait subi un avortement.

La journaliste devra ainsi répondre “d’actes constituant des infractions pénales au regard du droit pénal, à savoir la pratique de l’avortement, l’acceptation et la participation à des avortements par des tiers et la corruption conformément aux articles 444, 450, 454, 490 et 129 du Code pénal”. Elle risque deux ans de prison ferme.