MAROC
15/02/2019 11h:32 CET

Le Prix Grand Atlas décerné à l'écrivain Ahmed Boukous et aux traducteurs Hamid Guessous et Azzeddine Chentouf

“Il est très important de voir les œuvres littéraires françaises traduites en langue arabe et donc lues par un plus grand nombre".

La France au Maroc/Twitter
Les trois gagnants de cette 25ème édition.

LITTÉRATURE - Ce 14 février, Rabat accueillait la cérémonie de la 25ème édition du Prix Grand Atlas, initié par l’ambassade de France au Maroc. Il a été remporté par l’écrivain Ahmed Boukous et les traducteurs Hamid Guessous et Azzeddine Chentouf.

Chercheur et enseignant, M. Boukous a été récompensé dans la catégorie de la fiction francophone pour son roman “Rhapsodies de Tanit la captive”. Un ouvrage qui représente un fragment de vie de Tanit, une héroïne qui essaie de s’émanciper du joug du conservatisme et qui se trouve captive d’inquisiteurs zélotes.

L’auteur a fait part, dans une déclaration à la presse, de sa joie d’avoir remporté ce grand prix qui sera pour lui “un encouragement fort pour continuer dans ce domaine”, soulignant que son roman tourne autour de la violence contre les femmes, “un phénomène qui interpelle tout le monde”.

La France au Maroc/Twitter

La traduction en langue française récompensée

Quant au prix de la traduction, il a été décerné exæquo à Hamid Guessous et Azzeddine Chentouf. Le premier a été primé pour son travail sur le roman “La matière de l’absence” de Patrick Chamoiseau, à travers lequel l’écrivain visite l’histoire méconnue des Antilles, leur genèse, leurs rituels et leurs modes de vie. Remontant aux origines de l’humanité, l’ouvrage retrace l’étonnante créativité du peuple de cette partie du monde.

Azzeddine Chentouf, lui, a été récompensé pour la traduction de l’essai “L’écriture du désastre” de Maurice Blanchot, un texte qui est en prise sur l’histoire hantée par le souvenir des camps d’extermination.

La directrice générale de l’Institut français du Maroc, Clélia Chevrier Kolacko, a souligné dans une déclaration à la presse que le prix Grand Atlas est une distinction permettant de soutenir l’édition francophone au Maroc et mettre en exergue l’importance de la lecture et de la traduction.

“Il est très important de voir les œuvres littéraires françaises traduites en langue arabe et donc lues par un plus grand nombre, c’est une chose essentielle que nous soutenons à l’ambassade de France et aussi par le biais de ce prix”, a-t-elle fait valoir.

La présidente du jury, la philologue et philosophe Barbara Cassin, a relevé que les critères de sélection pour la traduction portent sur la qualité du travail présenté, mais aussi de l’ouvrage traduit, alors que pour le prix de fiction, il s’agit de faire connaître au public “la manière dont écrivent et dont pensent les auteurs que nous connaissons mal et qui sont essentiels pour la francophonie et pour la culture en général”.

Vingt-huit ouvrages étaient en lice lors de cette 25ème édition. Lancé dans le souci de valoriser l’édition marocaine, le prix vise à offrir une visibilité à des œuvres de qualité et à contribuer au développement du secteur de l’édition.