TUNISIE
19/04/2018 15h:22 CET | Actualisé 19/04/2018 15h:34 CET

Le président de l'UTICA se dit "content" de la fuite des compétences tunisiennes vers l'étranger

Samir Majoul s’est dit “content” pour ces jeunes qui ont pu quitter le pays.

KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images

Alors que le secrétaire d’Etat à la Recherche scientifique Khalil Amiri a exprimé l’inquiétude de l’Etat face à la fuite des compétences tunisiennes vers l’étranger, le président de l’ Union Tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul s’est dit “content” pour ces jeunes qui ont pu quitter le pays. 

“C’est mieux de quitter le pays ainsi que de le quitter autrement. Ces jeunes investissent à l’étranger et parviennent à graver les échelons sociaux, et à atteindre des niveaux de leadership plus élevés”, s’est-il félicité.

“Que voulez-vous qu’ils fassent, qu’est ce que l’Etat leur a offert comme issue, leur-a-t-il donné du travail, leur a-t-il garantit un avenir meilleur? Que voulez-vous qu’ils fassent; trainer dans les rues? ”, s’est-il offusqué. 

Pour le patron des patrons, la fuite des compétences n’est pas une perte pour la Tunisie mais un investissement.

Dans ce cadre, il mène une critique acerbe contre la politique économique de l’Etat: ”On a fait tout le contraire de ce qui doit être fait. On doit libérer les entreprises, on doit libérer les entrepreneurs, on doit libérer notre jeunesse”, lance-il.

Pour y parvenir, Samir Majoul préconise d’encourager les investissements en offrant plus de garanties pour les banques pour qu’elles puissent prêter aux jeunes. “Que l’Etat aille ramasser ses pertes auprès des entreprises publiques”, dit-il. 

À noter que ces propos s’inscrivent dans les bras de fer concernant la privatisation des entreprises publiques.

L’UTICA, l’IACE et les chambres mixtes d’Industrie et de commerce ont appelé  à maintes reprises à diversifier et à élargir l’assiette fiscale pour l’étendre aux activités économiques informelles et à privatiser les entreprises publiques déficitaires. En face, l’UGTT considère que que la cession du secteur public est une ligne rouge, soulignant que la centrale syndicale s’opposera à toutes les tentatives visant à céder les entreprises publiques au secteur privé.


Début avril, le chef du gouvernement Youssef Chahed a écarté l’éventualité les entreprises publiques. La STEG, la SONEDE, la SNCFT, la Poste Tunisienne ou les établissements scolaires, universitaires et les hôpitaux ne sont donc pas à vendre, a-t-il martelé. 

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