TUNISIE
05/03/2019 17h:52 CET | Actualisé 05/03/2019 17h:55 CET

Le président de l'UTICA dénonce le monopole de la STEG

Il a également dénoncé la hausse de 50% des tarifs d'électricité et de gaz entre avril et décembre 2018.

KENZO TRIBOUILLARD via Getty Images

Le Président de l’Union Tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul, a dénoncé, mardi, l’augmentation de 50% des tarifs de l’électricité entre les mois d’avril et de décembre 2018 qui ont des impacts fort négatifs sur la compétitivité de l’économie nationale et surtout celle des entreprises.

“Ces augmentations ont été imposées de manière unilatérale et sans préavis” a indiqué Majoul, en marge d’une journée d’étude tenue mardi à Tunis sur “le coût de l’énergie pour les entreprises économiques”. 

“Cette augmentation impactera négativement la compétitivité de ces entreprises, lesquelles sont confrontées à plusieurs difficultés”, a-t-il ajouté, précisant que cela peut engendrer la faillite de ces entreprises.

Majoul a aussi dénoncé la coupure de l’électricité par la Steg dans plusieurs entreprises économiques privées alors que les institutions et structures publiques ne sont pas confrontées à ce genre de problèmes malgré leurs factures impayées.

Il a aussi dénoncé le monopole de la Steg sur la production de l’électricité et l’absence d’incitations offrant de nouvelles opportunités d’investissement au secteur privé dans la production du gaz de schiste malgré les richesses dont dispose le pays et ce afin de réduire le cout de l’énergie et du déficit énergétique qui a atteint 6 milliards de dinars en 2018 soit le tiers du déficit de la balance commerciale (19 milliards de dinars en 2018).

L’État continue de supporter 25% du coût de consommation de l’électricité des industriels

L’État continue à soutenir les industriels, à hauteur de 25% du coût de consommation d’électricité, et ce, en dépit de l’augmentation du prix d’électricité en 2018, a indiqué le PDG de la STEG, Moncef Harrabi.

D’après le responsable, la hausse de 1 dollar du prix du baril de pétrole ajoute à la charge de la STEG, un coût supplémentaire estimé à 50 millions de dollars. La dépréciation du dinar de 100 millimes coûte, quant à elle, des charges supplémentaires à la société, évaluées à 200 millions de dinars (MD).

Intervenant en marge d’une journée d’étude sur “le coût énergétique pour les sociétés économiques”, tenue mardi, Harrabi a fait savoir que la STEG vend de l’électricité à un prix abordable par rapport aux prix adoptés, à titre d’exemple, au Maroc ou en Mauritanie.

“La STEG ne peut pas supporter toute seule les charges supplémentaires d’autant plus qu’elle est en difficulté financière en raison, notamment, de la prolifération du phénomène de vol d’électricité et de la hausse de ses dettes auprès des clients, à 1,45 milliard de dinars, dont 50% sont contractées par les clients et les industriels”, a-t-il noté.

Pour aider les entreprises économiques à faire face aux difficultés financières, une commission mixte a été formée, regroupant des représentants de la STEG et de l’UTICA. Elle est chargée, entre autres, d’identifier des solutions pour réduire le coût énergétique supporté par les sociétés.

L’une des solutions à laquelle a appelé le premier responsable de la STEG, est la maitrise de la consommation de l’énergie par les industriels. “Il faut également investir dans les énergies renouvelables pour réduire la facture énergétique et par conséquent préserver la compétitivité”, a-t-il encore préconisé.