TUNISIE
25/04/2019 15h:01 CET

Le président de la HAICA se défend de toute intervention politique dans l'affaire Nessma

Par contre, selon lui, Zitouna TV jouit "d'un appui politique" qui a empêché la HAICA de faire correctement son travail.

Anadolu Agency via Getty Images

Le président de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), Nouri Lajmi, s’est défendu de toute intervention politique dans la décision de cesser la diffusion de la chaine privée Nessma TV.

Intervenant sur les ondes de la radio Mosaïque Fm, celui-ci a affirmé que “la HAICA ne prend jamais de décision politique, nous appliquons seulement la loi (...) Il n’y a eu aucune intervention politique ni du gouvernement, ni en dehors du gouvernement”.

“C’est une décision qui est prévue par le décret 116” a-t-il poursuivi.

Article 31 du décret-loi N° 2011-116 du 2 novembre 2011, relatif à la liberté de la communication audiovisuelle et portant création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA):

“En cas d’exercice des activités de diffusion sans Licence, la HAICA inflige des amendes allant de vingt mille(20.000) dinars à cinquante mille (50.000) dinars et elle peut ordonner la confiscation des équipements utilisés dans l’accomplissement de ces activités”

Alors que des rumeurs insistantes font état de la possible candidature du directeur de Nessma TV Nabil Karoui de se présenter à l’élection présidentielle et de la campagne électorale possible qu’il pourrait faire via sa chaine, le président de la HAICA dément un timing arrêté à l’avance dans l’application de la décision, à quelques semaines du début de la campagne électorale : “Nous voyons le timing idéal pour assurer que l’opération se passe dans les meilleures conditions. Le moment n’a pas été choisi spécialement. Quelque soit le jour, le timing n’aurait pas été approprié” dit-il.

Selon lui, la HAICA a laissé à la chaine 4 ans pour se conformer à la loi: “Nous avons fait tout ce qui était possible pendant des années avec la chaine Nessma Tv pour qu’elle régularise sa situation, alors que le décret 116 ne lui donne seulement qu’une année après la publication du cahier des charges”.

“Il y a donc une absence reconnaissance du cadre légal et des dispositions prévues par le cahier des charges” de la part de Nessma Tv explique Nouri Lajmi évoquant “un mépris de la loi et du travail de la HAICA”: “Si on ne respecte pas la liberté de la presse dans le cadre de la loi, on lui creuse nous même sa propre tombe”.

“Nous aurions aimé ne pas avoir à faire ça. Nous les avions invité d’innombrables fois à régulariser leur situation mais malheureusement nous n’avons eu aucune réponse” a-t-il regretté expliquant que “la HAICA se devait d’appliquer la loi, sinon elle n’aurait pas fait correctement son travail”.

Quid de Zitouna Tv?

Pour Nouri Lajmi, Nessma Tv n’est pas la seule à être hors-la-loi, puisque la chaine Zitouna Tv l’est également.

“Nous avions essayé de saisir les équipements de la chaine mais elle jouit d’un appui politique, et nous l’avions déjà dit” a-t-il regretté.

Si la Haute autorité a pu saisir le matériel de la chaine, celle-ci ne l’a pas respecté et a pu continuer de diffuser: “Les autorités sont au courant. Nous avons fait notre travail comme le dispose la loi. C’est donc les autorités de l’État qui sont responsables de la situation actuelle de Zitouna Tv et des dépassements enregistrés” a-t-il fustigé indiquant que la présidence de la République tout comme la présidence du gouvernement sont au courant de ces dépassements.

Les autorités ont procédé, jeudi, par force publique, à l’arrêt de diffusion de la chaine privée Nessma Tv, et ce suite à la décision de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle.

Dans un article publié via son site internet, la chaine accuse directement le chef du gouvernement Youssef Chahed d’être derrière cette décision.

″À quelques jours du mois de ramadan, la HAICA et le chef du gouvernement ont décidé d’abandonner 500 familles, dont les membres travaillant pour Nessma” affirme la chaine.

 

Selon elle, cette décision vient du fait que Nessma ait “refusé de suivre les instructions et de maquiller la réalité” sur la situation du pays.

 

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