ALGÉRIE
02/04/2019 19h:46 CET | Actualisé 02/04/2019 22h:48 CET

Le président Bouteflika démissionne

Reuters

Le président Abdelaziz Bouteflika a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel, sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République ce mardi 02 avril 2019,, a appris l’APS auprès de la présidence de la République.

Le président a expliqué, dans une lettre adressée au président du Conseil constitutionnel, que sa “décision procède de mon souci d’éviter que les excès verbaux qui marquent malencontreusement l’actualité ne dégénèrent en dérapages potentiellement dangereux pour la protection des personnes et des biens qui relève des prérogatives essentielles de l’Etat”.

“Dans le même temps, cette décision se veut l’expression de ma foi en une Algérie fière et digne tenant son rang et assumant pleinement ses responsabilités dans le concert des nations”, a-t-il écrit.

Plus tôt dans la journée, l’armée avait pressé le président Abdelaziz Bouteflika de partir “immédiatement”, estimant dans un communiqué qu’“il n’y a plus lieu de perdre davantage de temps”.

“Nous estimons qu’il n’y a plus lieu de perdre davantage de temps et qu’il faut appliquer immédiatement la solution constitutionnelle proposée, à savoir la mise en application des articles 7, 8 et 102”, a affirmé la même source.

 

Cette sommation de l’armée, “claire et irrévocable” selon le communiqué, intervient au lendemain d’un communiqué de la Présidence annonçant une démission de Abdelaziz Bouteflika avant la fin de son mandat, le 28 avril prochain.

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, avait déjà appelé mardi 26 mars à l’application de l’article 102 de la Constitution. Il a réitéré son appel samedi 30 mars en évoquant également les articles 7 et 8.

“Malheureusement, cette démarche a été accueillie par l’entêtement, la tergiversation et la sournoiserie de certains individus qui œuvrent à faire perdurer la crise et la rendre plus complexe, avec comme seul souci la préservation de leurs intérêts personnels étroits, en se souciant que peu des intérêts du peuple et de l’avenir du pays”, a regretté le communiqué du MDN.

L’armée est allée encore plus loin dans son communiqué, qualifiant celui de la veille, qui a annoncé une démission de Bouteflika, comme “attribué” au président de la République. 

Le communiqué de la Présidence ”émanait d’entités non constitutionnelles et non habilitées, ayant trait à la prise de décisions importantes concernant la phase de transition. Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue”, a ajouté le document.  

 

Lettre intégrale du président au Conseil constitutionnel:

“Son Excellence, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a notifié officiellement à Monsieur le Président du Conseil constitutionnel, sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de Président de la République, à compter de ce jour, mardi 26 Radjab 1440 correspondant au 02 avril 2019, dans les termes suivants :

J’ai honneur de vous notifier formellement ma décision de mettre fin au mandat que j’accomplis en qualité de Président de la République, à partir de ce jour, mardi 26 Radjab 1440, correspondant au 02 avril 2019.

Cette décision que je prends en mon âme et conscience est destinée à contribuer à l’apaisement des cœurs et des esprits de mes compatriotes pour leur permettre de projeter ensemble l’Algérie vers l’avenir meilleur auquel ils aspirent légitimement.

Cette décision procède de mon souci d’éviter que les excès verbaux qui marquent malencontreusement l’actualité ne dégénèrent en dérapages potentiellement dangereux pour la protection des personnes et des biens qui relève des prérogatives essentielles de l’Etat.

Dans le même temps, cette décision se veut l’expression de ma foi en une Algérie fière et digne tenant son rang et assumant pleinement ses responsabilités dans le concert des nations.

Dans cette perspective, j’ai pris les mesures appropriées, dans l’exercice de mes prérogatives constitutionnelles, pour les besoins de la continuité de l’Etat et du fonctionnement normal de ses institutions durant la période de transition devant mener à l’élection du nouveau Président de la République.

Dieu, Le Tout-Puissant, m’est Témoin des initiatives que j’ai prises, des actions que j’ai menées, des efforts que j’ai déployés et des sacrifices que j’ai consentis pour être à la hauteur de la confiance dont mes compatriotes m’ont honoré, œuvrant sans relâche pour consolider les bases de l’unité nationale, de l’indépendance et du développement de notre cher pays ainsi que pour promouvoir la réconciliation avec nous-mêmes et avec notre identité et notre histoire.

Je souhaite tout le meilleur au Peuple algérien”.