MAROC
16/04/2019 17h:11 CET

Le premier centre d’études talmudiques ouvre ses portes au Maroc

La yeshiva devrait accueillir 40 élèves.

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La synagogue Beth El à Casablanca.

JUDAïSME - Lundi, le Conseil de la communauté israélite du Maroc (CCIM) annonçait la nomination de Yoshiyahu Pinto au poste de “Av Beth Din”, soit dirigeant du tribunal religieux de la communauté, en charge de la cacheroute, le code alimentaire prescrit aux personnes de confession juive.

En plus de cette fonction, Yoshiyahu Pinto s’est également engagé à créer au Maroc une yeshiva (centre d’études talmudiques) par le biais de son association Shiva-Maroc. “Vous réalisez l’importance de la chose?” insiste Serge Berdugo, secrétaire général du CCIM, interrogé par le HuffPost Maroc. “Des élèves d’origine marocaine, venus du monde entier, viendront étudier la tradition judaïque marocaine”, explique-t-il.

Ainsi, dans le cadre du partenariat avec l’association du rabbin, le CCIM s’engage à mettre à la disposition de Shuva-Maroc les locaux du Temple Beth El, à Casablanca, pour y ouvrir une yeshiva de 40 étudiants dont 5 chefs de famille.

Souhaitant “ardemment” retrouver les racines et traditions du judaïsme marocain, Yoshiyahu Pinto a fondé le 28 mars l’association Shuva-Maroc dont l’objectif est la “propagation et la diffusion, dans le cadre de la communauté juive du Maroc, des études de la Thora, de la culture hébraïque et des préceptes traditionnels judéo-marocains, de l’enseignement général, des langues hébraïque et arabe, la formation des enseignants et des rabbins, et le soutien et l’aide aux personnes nécessiteuses”, précise le CCIM dans un communiqué.

Yoshiyahu Pinto, descendant d’une lignée de grands rabbins marocains, compte plus de 250.000 fidèles dans la communauté hassidique. Il dirige également une fondation caritative qui dispose d’un important budget lui permettant de distribuer des salaires à des centaines d’étudiants à travers le monde et de venir en aide aux démunis, selon le CCIM.

Il est cependant une figure controversée. Il y a deux ans, il passait 10 mois en prison pour une affaire de corruption, selon les médias israéliensIl a reconnu avoir offert un pot-de-vin de 200.000 dollars à Menashe Arbiv, ancien commandant de la 433ème unité de la police israélienne (connue sous le nom de FBI israélien), en échange de renseignements concernant la police israélienne et les enquêtes du FBI menées à son encontre. À la lumière de ses aveux, le tribunal a déclaré le rabbin Pinto coupable de tentative de corruption et d’entrave à la justice”, rapporte The Yeshiva World.

Un passé qui cependant ne “gêne pas” le secrétaire général du CCIM. “La justice des hommes a été faite, il a purgé sa peine”, affirme Serge Berdugo, ajoutant: “Quand on voit les 250.000 personnes qui le suivent et lui vouent une telle admiration, on reste pantois”.