TUNISIE
09/07/2018 10h:21 CET

Le porte-parole du syndicat général de la Garde Nationale déplore une "bataille" politique au sein du ministère de l'Intérieur

“Il y a des interventions politiques au niveau des nominations au ministère de l’Intérieur"

Invité de la matinale de Shems Fm, le porte-parole du syndicat général de la Garde nationale, Mehdi Bouguerra a dénoncé l’instrumentalisation politique dont sont victimes les agents du ministère de l’Intérieur.

Interrogé sur l’impact du limogeage de l’ancien ministre de l’Intérieur Lotfi Brahem sur le rendement du ministère de l’Intérieur et sur la Garde nationale, Mehdi Bouguerra a fustigé: “C’est de la désinformation (...) au profit de certaines personnes”.

″Ça fait 3 ans qu’on ne voit pas les efforts faits par la Garde nationale. Certaines régions et districts ont passé des années sans directeurs. Il y avait un vide total!” a-t-il précisé.

“Avant ce chef de gouvernement et avant la nomination de Lotfi Brahem, il y avait un vide total (...) même au niveau des régions frontalières”.

“Pendant les 3 dernières années, Lotfi Brahem, qui était commandant en chef de la Garde Nationale, a fait des mutations (d’agents) et a voulu même faire sortir certains cadres sécuritaires de la Garde Nationale” a affirmé Bouguerra.

“Il y avait une bataille entre le ministère de l’Intérieur et la présidence du gouvernement sur les nominations” des cadres sécuritaires a-t-il déploré affirmant indiquant que les agents ne savaient plus à qui ils avaient à faire au niveau de leurs directions: “On se demandait qui a été choisi par quelle institution?”.

Alors que certains pointent du doigt les dernières nominations à la tête du ministère de l’Intérieur, Mehdi Bouguerra tempère: “Vous savez qui a viré le directeur de la lutte contre le terrorisme au sein de la Garde Nationale? C’est Lotfi Brahem quand il en était le commandant. Ça faisait 3 ans que la direction de lutte contre le terrorisme n’avait pas de directeur. Après le limogeage de Lotfi Brahem du ministère de l’Intérieur, un directeur a été nommé. Il en était d’ailleurs, le directeur par intérim” a précisé Mehdi Bouguerra.

“Certains disent que les limogeages ont entrainé l’attaque terroriste d’hier, mais ce n’est pas vrai” a-t-il ajouté dénonçant “un combat de coqs aujourd’hui en Tunisie et les forces sécuritaires sont entrées dedans”.

“Ce combat de coqs existe depuis 3 ans et concerne les nominations de sécuritaires! Il y a des courants politiques, qui chacun de leurs côtés, tentent d’attirer vers eux des responsables sécuritaires et qui essayent de les imposer à des postes de décision” regrette le porte-parole du syndicat général de la Garde Nationale.

“Il y a des interventions politiques au niveau des nominations au ministère de l’Intérieur. Il y a même des lobbies qui travaillent au niveau régional” a-t-il conclu.

Dimanche, des agents de la Garde Nationale ont été la cible d’un guet-apens tendu par des terroristes dans la région de Ghardimaou au gouvernorat de Jendouba. 6 agents ont été tués et trois blessés a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. L’attaque a été revendiquée par la Phalange Okba Ibn Nafaa, rattachée à AQMI.

 

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