TUNISIE
23/04/2018 10h:49 CET

Le porte-parole du gouvernement envoie une fin de non recevoir à "l'initiative" de la fédération de l'enseignement secondaire

“Ce n’est pas comme ça que l’on négocie”.

Invité de la matinale de Shems, le porte-parole du gouvernement Iyed Dahmani a envoyé, lundi, une fin de non recevoir à l’initiative proposée la veille par la fédération générale de l’enseignement secondaire.

“Je ne sais pas s’il s’agit vraiment d’une initiative. La vérité, il s’agit d’un retour en arrière” a-t-il commenté.

“Ce texte n’est fait que de conditions” souligne-t-il pointant du doigt l’ultimatum fixé au jeudi 27 avril pour négocier avec la fédération avant d’ajouter que “ce n’est pas comme ça que l’on négocie”.

Le porte-parole du gouvernement affirme comprendre de ce communiqué que “l’épée de Damoclès plane toujours sur cette année scolaire alors qu’aujourd’hui, rien ne justifie la grève, ni la rétention des notes”.

Cependant, affirme-t-il, le gouvernement ne ferme pas la porte à la négociation: “Nous sommes prêts à négocier, et à discuter (...) Il n’y a pas de bras de fer entre le gouvernement et les enseignants, on connait les difficultés dans lesquels ils exercent” indique-t-il avant de rappeler que l’État négocie “en fonction de ses capacités et notamment de ses capacités financières” qui aujourd’hui ne permettent pas de donner satisfaction aux enseignants.

Mais si négociations il y a, le gouvernement ne peut pas tout accepter:“Nous ne sommes pas dans la diabolisation des enseignants. Il s’agit de négociations sociales ordinaires. Or si on accepte de négocier dans ces conditions là, d’autres professions pourraient faire de même lors des prochaines négociations sociales” a-t-il estimé appelant à prendre en considération l’intérêt des élèves.

Il y a là, en plus l’intérêt des élèves à prendre en considération. Pour le gouvernement, cela doit prévaloir sur tout le reste”.

 

“Si l’État avait les moyens, il aurait répondu favorablement à leurs demandes. On aurait même donné plus” a-t-il expliqué évoquant un montant total de 500 millions de dinars réclamé par le syndicat. Or, selon Iyed Dahmani, l’État n’a pas aujourd’hui les moyens de satisfaire cette revendication.

Évoquant la menace d’une année blanche, il affirme que celle-ci n’est plus de l’ordre de “l’irréel. C’est une menace clairement affichée. Nous c’est notre crainte. C’est pour cela que nous faisons des réunions pour voir comment est-ce qu’on va réagir si jamais cette menace est mise à exécution”. 

Espérant une sortie de crise, Iyed Dahmani promet que “dès que l’économie repartira, une de nos priorités sera l’amélioration des conditions d’enseignements” a-t-il affirmé expliquant que le gouvernement a déjà mis en place un plan de rénovation des écoles d’un coût de 500 millions de dinars. 

Dimanche, la fédération générale de l’enseignement secondaire a proposé un calendrier de sortie de crise affirmant être “prête à des négociations sérieuses responsables et sans conditions avec les ministères de tutelle”.

Vendredi, le chef du gouvernement avait appelé à une sortie de crise appelant à la reprise des cours dans les plus brefs délais. 

L’UGTT avait appelé à une grève générale des enseignants, débutée mardi dernier dans une forme d’escalade après la menace du ministre de l’Éducation de retirer les salaires des enseignants qui ne restitueraient pas les notes des élèves.

Cette décision a été prise pour mettre fin aux “tergiversations du gouvernement face aux revendications légitimes des enseignants” avait affirmé Lassaad Yacoubi secrétaire générale de la fédération générale de l’enseignement secondaire.

Ce conflit entre le ministère et le syndicat, qui dure depuis plusieurs semaines, a atteint une situation critique, avec des échanges houleux et des déclarations acerbes des deux parties.

Parmi les revendications du syndicat: le classement de leur profession parmi les métiers pénibles, le départ à la retraite à l’âge de 55 ans mais également l’augmentation des primes spéciales et la réforme du système éducatif .

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