TUNISIE
22/03/2018 13h:36 CET | Actualisé 22/03/2018 18h:15 CET

Le plasticien tunisien Haythem Zakaria lauréat du Grand Prix du Japan Media Arts Festival

La prestigieuse récompense sera symboliquement remise au candidat le 12 juin prochain

Siwar Muller

Depuis 2002, le festival nippon “Japan Media Arts Festival” décerne chaque année un Grand Prix, quatre Prix d’excellence et un Prix d’encouragement dans différentes catégories (Art, Divertissement, Animation et Manga). Le plasticien tunisien Haythem Zakaria est cette année le lauréat du Grand Prix du festival, dans la section Art, avec son projet “Interstices”. La prestigieuse récompense sera symboliquement remise au candidat le 12 juin prochain, avant l’exposition réunissant l’ensemble des lauréats, qui aura lieu du 13 au 24 juin, au National Art Center de Tokyo.

Haythem Zakaria

 

“J’avoue être surpris par cette annonce. Je ne m’attendais pas à ce que mon modeste travail puisse traverser les frontière”, a ainsi humblement lancé le jeune plasticien au HuffPost Tunisie.

Du haut de ses 35 ans, l’artiste a pourtant déjà de quoi se vanter d’une brillante carrière. Né à Tunis, Haythem vit et travaille actuellement à Paris. Il s’est distingué par des réalisations plastiques largement imprégnées de spiritualité soufie mettant généralement en œuvre des techniques visuelles non conventionnelles (glitch, ciné-process...). Depuis 2010, ses travaux ont déjà été présentés dans le cadre de manifestations artistiques majeures à travers le monde, comme en Tunisie, en France, en Belgique, aux États Unis, en Allemagne, en Suisse ou encore aux Émirats arabes unis.

Haythem Zakaria

 

Avec ce dernier Prix d’envergure dans la capitale japonaise, qui constitue aussi selon lui “la preuve d’un pont interculturel nous liant les uns aux autres”, le travail de l’artiste bénéficiera, en effet, d’une visibilité encore inédite. “J’ai hâte de rencontrer un nouveau public et un autre regard, de m’enrichir et d’apprendre grâce à cette nouvelle expérience et opportunité”, commente-t-il.

“Que mon projet soit sélectionné sur un ensemble de presque 2000 autres, me rassure dans ma démarche. C’est une première vraie reconnaissance d’un travail artistique entamé il y a 11 ans”.

Concernant les grandes lignes du projets Interstices, le plasticien explique que l’installation vidéo s’articule en trois parties complémentaires, déployant divers possibilités de réflexion et de création. À travers une approche pluridisciplinaire, le projet regroupe un volet cinématographique et un volet photographique.

Haythem Zakaria

 

Interstices réunit ainsi deux vidéos représentant une succession de vues de paysages arides et maritimes, “Opus I” tourné dans le Sud-Ouest tunisien et “Opus II” filmé sur les côtes de la mer du Nord-Est (Dar Allouch et Hammem El Ghzez).

Pour les recherches de ces deux réalisations, l’artiste a puisé dans l’ouvrage “Vivre de paysage” du philosophe français François Jullien, qui s’intéresse à la différence culturelle autour de la notion de paysage en Occident et en Chine. “Pour l’Occident, le pays/paysage est une portion d’un tout que le regard découpe. Ce qui “s’offre à la vue”, donc qui dépend d’un point de vue/un point d’observation. L’observation étant la domination du regard mais aussi en rapport direct avec la perspective et l’horizontalité du paysage”, développe Haythem.

Haythem Zakaria



En ce qui concerne la technique, l’aspect de la vidéo de ces Opus est hyper-panoramique, “un format qui exclut toute présence humaine dans le plan”, explique le plasticien. “Sur l’Opus I, la bande sonore accompagnant les images déploie une temporalité étirée, où de longs gestes de sons synthétiques sont entrecoupés de souffles et de silences”.

Rappelons que l’artiste recevait le mois dernier le Grants 2018 de La Fondation Kamel Lazaar pour cette ambitieuse réalisation dont il prépare actuellement la suite, “Opus III” qui aura comme trame le Mont Atlas et se centrera sur trois pays, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. “Je suis à la recherche d’autres fonds et partenaires pour compléter le budget du projet.”, explique aussi le plasticien.

Le mois prochain, Haythem Zakaria sera également présent à l’occasion de la foire d’art contemporain Art Brussels (19-22 avril) avec la galerie A. Gorgi et présentera ses travaux dans le cadre des expositions “El Kazma” (21-24 avril), commissionnée par Malek Gnaoui, à la Corniche de Gabès et “Labyrinth Of Hopes” à l’Appartement Zéro à Paris.

Haythem Zakaria

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