TUNISIE
11/07/2018 16h:21 CET | Actualisé 11/07/2018 16h:22 CET

Le plaidoyer de Khemaies Jhinaoui pour le développement d'une migration régulière entre la Tunisie et l'Europe

Il y a une autre façon de lutter contre l'immigration: Développer la migration régulier estime le ministre des Affaires étrangères

Dans une interview exclusive accordée à la chaine italienne Rai News, le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui a affirmé que l’idée de développer la migration régulière entre l’Afrique et l’Europe est à l’étude.

“Nous travaillons et nous collaborons avec l’Italie pour limiter l’immigration clandestine mais nous avons dit à nos partenaires italiens et européens qu’il y a une autre façon de lutter contre cette immigration: En développant l’immigration régulière” a affirmé Khemaies Jhinaoui.

Interrogé par le journaliste sur la possibilité de mettre en place un concept de “carte bleue” ou “carte verte” -un peu comme aux États-Unis avec la Green Card- au profit des migrants, Jhinaoui affirme en avoir parlé avec son homologue italien: ”Évidemment cette idée est actuellement en discussion. Nous savons que l’Europe a besoin de ressources humaines et la Tunisie peut lui en procurer” a-t-il expliqué avant d’ajouter: “Il est du devoir de nos pays de profiter de cet état de fait pour réaliser un compromis, une coopération gagnant-gagnant pour l’Europe et pour la Tunisie”.

L’immigration ne date pas d’aujourd’hui. Elle a tout le temps existé. Beaucoup d’États dont de grandes puissances sont le résultat de l’immigration” Khemaies Jhinaoui, ministre tunisien des Affaires étrangères

 

“Comment mettre fin à l’immigration? En créant des opportunités, en développant les économies et en cherchant à régler les problèmes de sécurité et d’instabilité dans ces pays qui sont émetteurs d’immigrés” a-t-il également préconisé.

Quant à l’idée de créer en Tunisie des centres au profit des migrants refoulés par l’Europe, le chef de la diplomatie tunisienne est catégorique: “Nous avons un problème de principe avec cette question de centres, tout simplement parce qu’on pense que de tels centres ne vont pas résoudre le problème de l’immigration clandestine. Deuxièmement, le terme ‘centre’ évoque un passé que la Tunisie ne veut pas accepter”.

Lors de cette interview, Jhinaoui a également qualifié les relation tuniso-italiennes d’ “excellentes”, “l’Italie étant le deuxième partenaire économique de la Tunisie et le premier investisseur en matière d’énergie”.

“L’Italie est un partenaire naturel avec lequel nous cherchons à développer et diversifier la coopération” a-t-il précisé avant de rassurer sur l’avenir des échanges entre les deux pays dans un contexte de changement politique en Italie: “Je ne pense pas qu’un changement de gouvernement à Rome puisse changer nos relations (...). Il ne faut pas oublier qu’il y a 800 entreprises italiennes qui opèrent en Tunisie”.

La question de la création de centres de migrants en Tunisie avait été abordée lors d’un mini-sommet sur l’asile et la migration à Bruxelles.

Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord le vendredi 29 juin au petit matin sur les migrations, qui propose une “nouvelle approche” avec la création de “plateformes de débarquements” de migrants en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.

Une solution déjà décriée par la diplomatie tunisienne: “Nous sommes naturellement contre la mise en place de ‘plateformes de débarquements’. Cela n’a pas été proposé à la Tunisie, et s’ils le proposent, nous pensons qu’il y a d’autres comportements pour résoudre cette crise migratoire” avait déjà avancé Khemaies Jhinaoui.

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