MAROC
12/12/2018 15h:31 CET

Le PJD dément que des membres du secrétariat général du parti aient appelé au retrait du gouvernement

"Ce genre de décision ne servirait pas l’affaire Hamidine".

Pjd.ma

DÉMENTI - Ni le maire de Fès, Idriss Azami, ni un autre membre du secrétariat général du PJD n’a demandé le retrait du gouvernement. C’est le n°2 du parti de la Lampe Slimane El Omrani qui le précise.

Sur le site web du parti PJD.ma, ce responsable dément les informations relayées dans un article du site électronique Al Jarida 24selon lesquelles le secrétaire général du parti Saad-Eddine El Othmani aurait fait face à des membres emportés contre la poursuite engagée contre leur camarade Abdelali Hamidine par le juge d’instruction près la cour d’appel de Fès pour “complicité de meurtre avec préméditation”.

A l’ordre du jour de la réunion exceptionnelle du lundi 10 décembre, c’est au cours de celle-ci que des membres du secrétariat général, à leur tête le maire de Fès Driss Azami, auraient, d’après l’article citant “des sources bien informées”, estimé nécessaire “d’adresser des messages politiques forts à certaines parties du gouvernement pouvant aller jusqu’au retrait du gouvernement”. Un climat de tension que El Othami aurait réussi à calmer en précisant que ce genre de décision ne servirait pas l’affaire Hamidine. 

“J’assure que ce sont des mensonges et allégations”, insiste El Omrani, soulignant que “le sujet du retrait du gouvernement n’a jamais été posé à un moment ou un autre au cours de cette réunion”. Et de préciser que “les interventions, que ce soient celle de Azami ou d’autres membres, n’ont pas extrapolé le débat autour de la décision judiciaire du juge d’instruction et la proposition de mesures permettant au parti de soutenir Hamidine, dont la constitution d’un comité issu du secrétariat général”. 

Le procès du leader et député à la Chambre des conseillers du PJD Abdelali Hamidine s’ouvre le 25 décembre. Le juge d’instruction près la cour d’appel de Fès a ordonné que ce dernier soit déféré à la Chambre criminelle près la même cour suite à une plainte déposée par la famille Aït Ljid. “Cette affaire est vide, elle est basée sur une poursuite qui ne respecte même pas l’ABC de la loi ni l’immunité dont jouit Hamidine en tant que député”, a estimé l’avocat du PJD, Abdessamad Idrissi, dans une déclaration au HuffPost Maroc

Dans un communiqué publié par le PJD a l’issue de sa réunion du lundi, le parti du chef du gouvernement a exprimé “son grand étonnement” quant à cette poursuite. Convaincu qu’elle est “injustifiée”, le parti a rappelé que “l’affaire avait déjà été jugée en 1993”. A l’époque, Hamidine avait été condamné à deux ans de prison ferme par la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Fès qui l’avait inculpé de “participation à une réunion séditieuse au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort”. C’est un étudiant du nom de Mohamed Aït Ljid Benaïssa qui avait trouvé la mort suite à des affrontements ayant opposé des gauchistes à des islamistes, dont faisait partie Hamidine, dans le cadre des événements de violence qu’avait connus, à l’époque, l’université Dhar Al Mehrez à Fès.