TUNISIE
17/05/2019 13h:24 CET

Le photographe tunisien Zied Ben Romdhane mis à l'honneur au rendez-vous des photographes documentaires de Paris

Sa série "Under The Sand" ("Sous le sable") immortalise la désertification de certains villages dans le sud tunisien.

Le photographe tunisien Zied Ben Romdhane a été mis à l’honneur dans le cadre de “Photo doc”, le festival parisien de la photo documentaire.

Immortalisé par TV5 monde, l’exposition intitulée “Under the sand” (“Sous le sable”), la série photographique revient sur la désertification des villages du sud tunisien.

“Cela parle d’une région dans le sud-ouest de la Tunisie, proche de la frontière algérienne, qui subit un phénomène de désertification, le sable envahit les villages” décrit-il à TV5.

Son exposition tourne autour de 4 villages: Essabriya, Rjim Maâtoug, Ghidma et Nouail, toutes plongées sous le sable durant les tempêtes.

“Les maisons qui sont à la frontière du désert, sont celles les plus touchées (...) Ils attendent toujours l’aide du gouvernement, mais il n’y a rien” déplore-t-il.

“J’essaye de travailler dans les régions qui se trouvent loin de Tunis. Il se passe toujours des choses, bonnes ou mauvaises, qu’on ne voit pas. Même les Tunisiens, ne savent pas exactement ce qui se passe à l’intérieur du pays” dit-il.

Né en 1981, Zied Ben Romdhane a fait des études de commerce international, ce qui ne l’a pas empêché de poursuivre son rêve qu’est la photographie.

Zied Ben Romdhane porte son regard et son objectif sur ce qui pourrait être invisible pour la société ou ce que la société a choisi d’ignorer.

Il s’intéresse au côté humanitaire dans ses photos et le dévoile à travers ses séries: Children of the Moon (2014), Tataouine et notamment la toute récente West life (2016).

S’il s’est surpassé en ayant fait percevoir les effets d’une maladie génétique sur les personnes atteintes (Children of the Moon), il a continue tout aussi bien à épater avec son regard rivé sur le sud-ouest du pays notamment grâce à sa série “West of life” qui a suivi le quotidien des ouvriers du bassin minier de Gafsa.

Les clichés, pris en noir et blanc, reflètent parfaitement les cicatrices qu’ont laissées les méandres de la vie sur les visages fort expressifs des habitants.

Zied Ben Romdhane décrit ses clichés, au Washington Post, comme étant son témoignage de la dureté de l’endroit qu’il espère avoir atténué par l’humeur des habitants et l’affection qu’il leur porte.

Ses travaux ont été exposés à Arles (2013), Paris (Maison de la Tunisie, 2013), Marseille (MUCEM, 2015), New York (White Box, 2013), Bombay (Clark House, 2013), Houston (Fotofest Biennial, 2014), ou encore Dubaï (1x1 Gallery, 2014) et à l’IMA. Il obtient le prix POPCAP dans le cadre du Festival Image Afrique à Bâle, en 2015.

Il est directeur de photographie et producteur de plusieurs films comme Sabaa Chicken (2010) et Fallega (2011) un documentaire sur le printemps arabe en Tunisie. Il a également participé au projet Reporting Change de World Press Photo en 2013.