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09/11/2018 14h:01 CET | Actualisé 09/11/2018 14h:04 CET

LE PHOENIX- Le seul espoir pour sauver la Tunisie?

Avons-nous un autre choix que de nous rassembler autour du sage, sans âge, BCE, et de rectifier le tir, de purger, de purifier, d‘aérer et d’assainir?

Je n’ai jamais malmené que ceux que j’aime. Je suis gentille avec ceux que j’estime. Je suis indifférente avec ceux avec qui je n’ai aucune affinité. Ils se reconnaîtront .

C‘était le fond de ma lettre au Chef de l’État. C’est que je ne suis très exigeante qu’avec les meilleurs. Mes élèves vous le diront .

C’est que je ne vois personne à 1000 km à la ronde qui puisse prétendre avoir son flair politique , je ne vais parler ni de charisme ni d’aura , cela ne rentre pas dans nos nécessités urgentes . C’est qu’ aucun leader politique parmi ces hordes d’amateurs et de parvenus. Ceux débarqués avec les dernières pluies n’auraient eu l’idée de venir prendre place parmi des sit-inneurs de la Casbah dans une période des plus délicates du pays , ou tout était inflammable , prêt-à-exploser. Où tout le peuple était à fleur de peau, où la peur, la vindicte populaire, l’ inquisition révolutionnaire, le chaos et l’incertitude se confondaient dans un amalgame inédit dans ce petit pays.

C’est que je ne vois aucun leader politique, jumelles aux yeux, capables d’ apaiser et de rassurer. Je ne vois que les parrains de la peur et de l’intimidation ou les adeptes du niet qui ont choisi la facilité de ne pas s’impliquer, de ne pas assumer la lourde responsabilité de mettre la main à la pâte, de risquer de se tromper, mais de s’ offrir juste le luxe de pointer du doigt et d’accuser.

Je vais copier-coller un statut que j’ai écrit début 2014:

Quand le pays était en feu et en sang.

Quand les institutions de l’état, les administrations, étaient paralysées sinon pillées et brûlées...

Quand on se filait des tuyaux pour pouvoir se procurer du lait.

Quand les examens nationaux étaient remis en question;

Des sit-ins à tout bout de champ.

Des routes coupées pour un oui, pour un non

Des grèves en boucles.

Quand rien n’allait plus...

Des agressions devenaient le pain quotidien 

La peur et l’incertitude 

Un ogre (ghoul) a débarqué d’une autre époque 

Plus belle...

Et a remis les pendules a l’ heure.

Et puis il est reparti doucement, comme il est venu...

Et quand Chokri fut assassiné, 

Il était le seul, LE SEUL, à le revendiquer!

Leader d’une révolution avortée 

Et à avoir exigé

La dissolution de l’ANC.

Quand les nouveaux gouvernants se sont emparé

Du pays traumatisé

Il s’est enfin résolu à créer 

Un parti pour équilibrer et rassurer.

Il n’a pas dit, comme certains

“Nous, on triomphe ou on triomphe”

Il a dit: ” Nous ou on triomphe, ou on félicite celui qui a triomphé“.

Il a toujours apaisé, jamais menacé.

 Du haut de ses quatre fois vingt printemps,

Avec son humour, et ses blagues décalées,

Un jeune, séducteur et déterminé..

Nous a prouvé encore une fois 

Que c’est toujours jouable...

Et qu’on doit gagner!

En traversant chaque matin des barrages,

Je pense très fort à lui.

Lui, qui porte nos souffrances et nos espérances sur ses épaules sans se courber.

Et là, je sais! Je sais pour qui je vais voter!”.

Je n’aime pas le culte des personnes . Et j’ai horreur du lechebottisme. Ma lettre au Président en est la preuve. Je ne lance pas d’appels hypocrites pour briguer des mandats à l’infini et au-delà. Ceux qui me connaissent de près le savent . 

Toutefois, j’ai fait le tour du paysage politique et je n’ai vu personne qui a payé le lourd tribut de la démocratie et de la liberté d’expression que lui.

Il a supporté toutes sortes d’outrages à sa personne , dans une sorte de panoplie surréaliste allant de son âge avancé, à ses blagues décalées en passant par ses ellipses, ses lapsus, ses fautes et ses confusions. Tout y était. Il a accepté le jeu démocratique sans broncher. Je connais des leaders historiques brandissant le drapeau de la liberté qui ne permettent pas à leurs collaborateurs de respirer sans leurs accords.

En l’accusant d’imiter Bourguiba et d’échouer là où le Zaaim a brillé, Tunisiens , Tunisiennes, vous faites fausse route. Bourguiba a trouvé un champ nu, des travailleurs dociles, qui n’ont jamais connu de liberté, sauf celle de lui obéir, et des graines fraîches à semer.

BCE s’est retrouvé face à une Tunisie saccagée, à des rebelles; à une anarchie indéfinissable, à des caisses pillées, à des revendications et face à des chantiers titanesques, béants sans marge de manœuvre et sans prérogatives.

Donc, ni analogie ni comparaisons ne sont possibles entre les deux hommes. Sauf que peut-être, l’un a accepté le jeu démocratique et l’autre l’avait éliminé.

Il s’est peut-être trompé d’alliés, mais, d’alliance, je ne sais pas. C’est un ancien. Il les connait mieux que nous. Il a opté pour des enfants allant à leurs écoles tous les matins. Il a choisi de gagner du temps. Le temps qui lui manquera toujours. Le temps de nous relever .

Il a aussi accepté le “checks and balances system of government” à la Tunisienne. Il n’a jamais interféré dans les autres ailes du pouvoir. 

Avons-nous un autre choix que de nous rassembler autour du sage, sans âge, et de rectifier le tir, de réajuster les choses, de guérir les blessures de quelques-uns, de purger, de purifier, d‘aérer et d’assainir, en attendant qu’un vrai patriote qui, comme BCE, n’a rien à perdre, mais surtout rien à gagner.

Qui comme lui sait que le pouvoir est ce qu’il y a de plus éphémère, qui connait les aléas de la politique et quelques ingratitudes de l’Histoire, qui ne s’émèche plus du pouvoir, pour guider ce pays que tout divise, que tout rassemble. Mais aussi et surtout, fédérer le parti qui, je persiste et signe, a sauvé le pays.

Rassembler, unir, drainer, répondre à l’appel. Ou alors, éparpillons-nous comme des poussières sur des partis sans avenir, ou alors abstenons-nous de récupérer la Tunisie par les urnes. Et là, vous auriez lâché votre pays définitivement, irrévocablement. 

Ceux qui veulent sauver la Tunisie, parlez maintenant, ou taisez-vous à jamais!

Encore une fois, soyez utiles à votre pays et prenez le temps de regarder la partie pleine de la coupe. Car celle vide, est certes vide, mais pas trouée comme chez les pays qui ont eu la même aventure, ou mésaventure.

Beaucoup me sortiront ce vieil adage de celui qui vante puis dénigre, a à deux reprises menti. Je leur dirais: “Proposez une alternative, et je vous suivrai.” 

Taxer, c’est encore une fois opter pour la facilité.

 

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