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13/04/2019 13h:10 CET | Actualisé 13/04/2019 13h:10 CET

Le peuple s’élève au-dessus de la Constitution et balaie le choix de la répression

ASSOCIATED PRESS

Ce 8e vendredi, les Algériens ont fait chuter la solution que le pouvoir projetait d’imposer, à savoir organiser des élections formelles sous les auspices de figures de l’ère Bouteflika. Les Algériens ont prouvé qu’ils n’accordent aucune attention au discours à propos de “la main de l’étranger” ni à la menace d’un glissement vers la violence.

Ce vendredi a été marqué par la décision claire de faire avorter la révolution pacifique du peuple algérien en recourant à la répression commencée mardi dernier contre les étudiants universitaires avant de tenter de limiter les rassemblements du vendredi dans la capitale, en raison de sa symbolique, en tentant d’empêcher les Algériens d’entrer dans la capitale de leur pays, qui a fait hier l’objet d’un véritable siège. Il existe de très nombreux témoignages sur les souffrances causées par cette décision, illégale et inconstitutionnelle, qui est une atteinte à la liberté de circulation.

Cette décision est renforcée par la tentative de la police, aujourd’hui, d’occuper la Grande-Poste (également pour sa symbolique) et d’empêcher les manifestants de la rejoindre. La tentative a échoué grâce à la détermination des citoyens à continuer de manifester pacifiquement comme ils l’ont fait au cours des deux derniers mois.

La décision de recourir à la répression est directement liée à la position exprimée mardi par le chef d’état-major de l’armée, confirmant que la solution à imposer consiste à organiser des élections après trois mois sous le contrôle de ceux dont le peuple exige le départ immédiat. Cela nous donne une image claire du régime agissant comme un seul et unique corps homogène, loin des histoires propagées par les médias liés au pouvoir, dont la mission est d’induire les Algériens en erreur et mettre fin à cette révolution populaire pacifique, sans qu’aucun progrès sur le chemin du changement demandé par les Algériens ne soit fait.
Dès le départ, on s’attendait à ce que cette option soit utilisée, car les manifestations d’aujourd’hui apportaient une réponse claire au pouvoir réel. La réponse est : «Vos élections ne nous concernent pas. Le régime doit partir. Vos histoires à propos des mains étrangères ne nous convainquent pas. Vos menaces ne nous effrayent pas.»
La déclaration publiée aujourd’hui par la police est une tentative de passer outre les comptes rendus conflictuels et agités du pouvoir utilisés depuis le 22 février pour briser la volonté des Algériens. Nous constatons, dans ce communiqué, un amalgame de menace de retour à la crise des années 90, de mention de la main de l’étranger et de justification de la répression employée et du siège d’Alger pour empêcher la perturbation du fonctionnement des installations publiques dans la capitale.
Cet amalgame offre une image claire de la confusion ressentie au sein du pouvoir après avoir mesuré l’ampleur de la détermination des Algériens à avancer sur la voie du changement pacifique, 
Immédiatement après la publication du communiqué de police, a commencé la dispersion des manifestants pacifiques par l’utilisation excessive et injustifiée de canons à eau et de gaz lacrymogènes. 


La police et les autres services de sécurité doivent veiller à la protection des manifestants pacifiques et à la sécurité des personnes et des biens. Tous les renseignements fournis dans la déclaration de police relèvent des missions des corps constitués eux-mêmes, mais la publication de ces renseignements n’est qu’une tentative répétée et désespérée de mettre fin à la révolution populaire pacifique. Les dernières semaines avaient pourtant démontré la vanité de telles tentatives. 


Ce vendredi, le peuple s’est élevé au-dessus d’une Constitution plus d’une fois violée. Toute solution qui ignorera cette vérité sera le signe de la détermination du pouvoir à continuer sur une voie erronée, avec tout ce qui s’en suivra de conséquences désastreuses pour l’avenir du pays.

 

Texte traduit par Kamel Almi

Lien vers le texte original en langue arabe : https://urlz.fr/9tif