ALGÉRIE
03/07/2018 11h:34 CET | Actualisé 03/07/2018 11h:38 CET

Le pétrole monte, l'offre mondiale perturbée par la Libye

Le marché s’inquiète d’un possible manque de l’offre alors que la majorité des exportations libyennes sont interrompues et que les Etats-Unis ont durci le ton sur les sanctions qui pourraient être imposées aux importateurs de pétrole iranien à partir de novembre

Bloomberg via Getty Images

Les prix du pétrole repartaient en hausse mardi en cours d’échanges européens alors que les perturbations de l’offre, notamment en Libye, reprenaient le devant de la scène à la veille des données hebdomadaires sur les stocks américains.

Vers 10H00 GMT (12H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 77,89 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 59 cents par rapport à la clôture de lundi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” (WTI) pour le contrat d’août prenait 78 cents à 74,72 dollars.

Le WTI a à nouveau repoussé son plus haut niveau depuis novembre 2014 vers 06H10 GMT à 74,84 dollars.

Lundi, les prix avaient reculé alors que les marchés digéraient un échange entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, le premier consommateur mondial demandant au premier exportateur d’augmenter sa production, de 2 millions de barils par jour selon un chiffre évoqué par le président Donald Trump.

“Il ne faut pas oublier que l’Arabie saoudite n’a pas promis de déployer la totalité de ses 2 millions de barils quotidiens, et que même s’ils le voulaient il leur faudrait plusieurs mois pour produire à ce rythme”, a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM.

Après la dernière réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’Arabie saoudite avait évoqué une hausse de la production de un million de barils par jour pour l’Organisation et ses partenaires, dont la Russie.

Selon un communiqué du ministère russe de l’Energie paru mardi, le ministre Alexandre Novak et son homologue saoudien Khaled al-Faleh se sont entretenus au téléphone et ont réaffirmé un objectif d’un million de barils par jour de hausse.

Le marché s’inquiète d’un possible manque de l’offre alors que la majorité des exportations libyennes sont interrompues et que les Etats-Unis ont durci le ton sur les sanctions qui pourraient être imposées aux importateurs de pétrole iranien à partir de novembre.

“Ces risques viennent s’ajouter à une industrie vénézuélienne en baisse constante tandis que des problèmes d’infrastructures empêchent le pétrole du sud des Etats-Unis et du Canada d’atteindre le marché international”, ont noté les analystes de Morgan Stanley, qui préviennent que le marché ”épuise ses capacités de production sans augmenter son niveau réel d’extraction”.

Dans ce contexte, les marchés attendront les données hebdomadaires sur les réserves des Etats-Unis. Les chiffres gouvernementaux seront publiés jeudi par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), tandis que la fédération professionnelle de l’American petroleum institute partagera ses données indépendantes mardi soir.

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