MAROC
29/06/2018 19h:19 CET

Boycott: Danone choisit Corinne Bazina pour diriger sa stratégie visant à offrir "un juste prix"

On lui doit notamment le lancement d'un yaourt "low cost" au Bangladesh.

Facebook/Centrale Danone

DANONE - Après les promesses, l’annonce d’un plan d’attaque.  Mardi dernier, lors d’une conférence de presse à Casablanca, le PDG du groupe Danone, Emmanuel Faber déclarait vouloir “inventer avec toutes celles et ceux qui le voudront, un nouveau modèle de gestion de cette marque” et rendre le lait frais pasteurisé “plus abordable en prix et cela de façon durable”.

Ce vendredi 29 juin, le PDG du groupe a diffusé une nouvelle vidéo sur la page Facebook du groupe pour annoncer avoir trouvé la personne qui sera chargée d’aider le groupe ”à organiser cette consultation à laquelle je me suis engagé sur ce que doit être un juste prix, un prix équitable, qui permette de rendre plus accessible le prix du lait pasteurisé frais Centrale au Maroc et en même temps, protéger le revenu des éleveurs”.

La personne nommée par Emmanuel Faber pour diriger ces travaux est Corinne Bazina, qui dirige “la plateforme mondiale de Danone chargée de soutenir des acteurs locaux dans la construction de nouveau modèles d’entreprise à vocations plus inclusives”. Corinne Bazina devrait se rendre la semaine prochaine au Maroc, tandis qu’Emmanuel Faber promet pour sa part de se rendre prochainement au royaume pour conclure “ces travaux importants pour le futur”.

Entrée dans le groupe Danone en 1995, Corinne Bazina occupe des fonctions marketing et vente dans diverses divisions du groupe, avant de rejoindre en 2005 la direction marketing du Dairy en Grèce. Danone Grèce à cette époque, c’était très entrepreneurial, quasiment une start-up. Depuis 2014, elle dirige Danone communities, l’incubateur d’entreprises sociales de Danone à destination des populations à faibles revenus. On lui doit notamment le fait d’avoir chapeauté le projet d’un yaourt “low cost” au Bangladesh. 

Danone en crise au Maroc

Depuis le début du boycott initié fin avril, Centrale Danone a accusé une baisse d’environ 20% de son chiffre d’affaires pour le premier semestre 2018, et annoncé une perte de 150 millions de dirhams de son résultat net.

Fin mai, l’entreprise avait décidé de diminuer de 30% ses volumes de collecte de lait cru auprès de ses 120.000 éleveurs partenaires, et avait également mis fin à 886 contrats d’intérimaires de courte durée sur les 6.200 employés travaillant sur les différents sites du groupe.

Interrogé à Casablanca cette semaine sur l’avenir de ceux visés par les plans sociaux, le PDG de Danone a botté en touche. “Je n’ai pas de réponse tant que celles et ceux qui ont fait le choix de ne pas acheter la marque Centrale ne la rachèteront pas demain”.