MAROC
17/02/2019 16h:14 CET

L'extrême droite hollandaise veut empêcher les bi-nationaux de voter

L'opposition parle de “mesure fasciste”.

Francois Walschaerts / Reuters

PAYS-BAS - Un cheval de bataille du PVV. Selon les médias néerlandais, Geert Wilders, chef du parti d’extrême droit PVV (Parti de la liberté), souhaite proposer une loi visant à retirer le droit de vote aux citoyens hollandais détenteurs d’une double nationalité. 

 “Plus de suffrage actif et passif pour les personnes ayant la double nationalité. Pas de double intérêt, de loyauté ou de dépendance envers les autres pays.
Les Pays-Bas sont à nous.”

Selon la BBC Turquie, ce projet de loi viserait surtout à contrer le “Densk Party”, parti politique ayant à sa tête des politiciens d’origines turques.

Geert Wilders veut ainsi, selon la BBC, ”éliminer des parlements locaux et conseils municipaux du parti Densk, soutenu par les électeurs d’origines turques et marocaines”. Gert Wilders accuse également ces derniers de “travailler principalement pour les intérêts d’Erdogan”. L’un des dirigeants de ce parti, Tunahan Kuzu, parle lui de “mesure fasciste”, rapport Hart van Nerderland.

“Avec cela, Wilders veut non seulement faire de 600.000 citoyens hollandais des citoyens de deuxième classe, auxquels s’ajoutent 60.000 hollandais allemands et 30.000 hollandais belges”, affirme Tunahan Kuzu, cité par le site néerlandais.

Une proposition considérée comme “absurde et une menace pour la société néerlandaise” pour la gauche néerlandaise, rapporte la même source.

Habitué aux controverses

La mesure est un cheval de bataille pour le parti depuis déjà plusieurs années, affirme Hart van Nerderland, ajoutant que cette proposition qui nécessiterait une révision de la Constitution du Pays, était déjà dans leur programmes électoral en 2012.

Le leader du parti d’extrême droite est connu pour ses propos controversés contre la communauté marocaine et turque des Pays-Bas. Au cours de la campagne législative de 2017, qui a vu son parti, pourtant favori, arriver en troisième place du scrutin, le responsable politique a multiplié les propos polémiques évoquant, entre autres, la “racaille marocaine” lors d’un meeting.

En décembre 2016, il a été reconnu coupable de discrimination pour avoir promis “moins de Marocains” lors d’un discours prononcé à La Haye en 2014. Geert Wilders a depuis fait appel de cette décision comme le rappelle l’AFP. Il avait également promis de “désislamiser” les Pays-Bas si son parti remportait les élections.