30/08/2018 12h:21 CET | Actualisé 05/12/2018 10h:27 CET

Le partenariat Maroc-Banque mondiale effectif en janvier 2019

"La banque mettra à l’avenir l’accent sur la situation des jeunes de la région"

MAP

ÉCONOMIE- 16h30, mardi 28 août. Au huitième étage du Technopark de Casablanca, Ferid Belhaj achève sa première visite marocaine en tant que nouveau vice-président de la Banque mondiale (BM) de la région MENA. Après une rencontre avec le chef du gouvernement et le nouvel argentier du pays, Mohamed Benchâaboun, suivi d’un crochet par la CGEM, c’est à la Factory, incubateur marocain de startup que le groupe de travail de la BM est venu ce jour-là à la rencontre d’une demi-douzaine de porteurs de projets triés sur le volet.  “Nous souhaitions organiser une rencontre intimiste loin de l’ambiance formel d’un bureau classique afin d’écouter les startups et leurs problématiques, notamment de financement et d’accès au marché”, étaye Mehdi Alaoui, fondateur de la Factory.  Sept startups incubées en son sein ont d’ailleurs été invitées à assister à la rencontre, ainsi que 7 autres jeunes pousses dénichées directement par l’institution de Bretton Woods. “L’objectif est aussi de s’enquérir des premières jeunes pousses à avoir bénéficié d’une partie des 500 millions de DH du Fonds Innov Invest” (FII) géré par la CCG et financé sous forme de prêt par la Banque mondiale”, confie une source du groupe de travail de l’institution.

DR

Accompagné de Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations
Maghreb de l’institution et de Xavier Reille, patron du bureau Maghreb de l’IFC,
Ferid Belhaj n’a pas omis de décliner les priorités du partenariat Maroc-
Banque Mondiale pour la période 2019-2023. “Nous nous focaliserons
essentiellement sur le développement du capital humain. Comparée à d’autres pays, la performance du capital humain est relativement faible. Nous nous
pencherons aussi attentivement sur la croissance et le rattrapage économique.
Nous nous attendons à un fort engagement du secteur privé”, étaye-t-il pour
le HuffPost Maroc. À noter que les PME contribuent entre 5% à 10% du PNB
marocain, alors qu’en Turquie, cette part se situe entre 20% et 30%. “Nous
comptons aussi aller plus loin dans le dossier des régions et de la
décentralisation. Nous mettrons plus de ressources en œuvre dans la reforme
et dans les engagements financiers sur le terrain, dans les zones défavorisés”,
continue-t-il. Selon nos sources, le partenariat devrait être scellé et effectif
courant janvier 2019.

Investissements ciblés

À fin juillet 2018, le portefeuille des projets financés par la Banque mondiale au
Maroc s’élève à environ 2 milliards de dollars, soit près de 18,7 milliards de
dirhams. Sur cette enveloppe, 62% de l’engagement total n’est pas encore
décaissé, à savoir un montant de 1,3 milliard de dollars. 

Pour rappel que la Banque mondiale a consacré 6,3 milliards de dollars aux
pays de la région MENA durant son exercice budgétaire 2018, clos le 30 juin
dernier. Ses engagements se décomposent comme suit: un soutien de 5,9
milliards de dollars de la Banque internationale pour la reconstruction et le
développement (BIRD, filiale de la BM), dont la mission consiste à assurer le
développement dans les pays à revenu intermédiaire, et un financement de
430 millions de dollars de l’Association internationale de développement (AID,
filiale de la BM chargée des pays les plus pauvres).

Les engagements de l’institution de Bretton Woods sur le dernier exercice ont
notamment porté sur un financement de 500 millions de dollars en soutien aux
réformes de l’enseignement public en Egypte ou encore 200 millions de dollars
pour un projet visant à rapprocher les agriculteurs des marchés au Maroc.

“Ces programmes ont appuyé la diversification des économies et la
promotion du développement du secteur privé tout en soutenant le
développement humain à travers la réforme des services publics essentiels que
sont notamment l’éducation, la santé et la protection sociale”, précise Ferid
Belhaj.  “La banque mettra à l’avenir l’accent sur la situation des jeunes de la
région. Nous nous attèleront à leur donner les moyens de se saisir du pouvoir
des nouvelles technologies et de créer un secteur privé dynamique susceptible
de devenir une nouvelle source de croissance et d’emplois”. 

Des objectifs que la BM entend poursuivre, “tout en étant bien consciente que
les budgets nationaux sont soumis à des pressions extrêmes et que le secteur
privé doit jouer un rôle nettement plus important dans le financement
d’infrastructures clés”, conclut Belhaj.