ALGÉRIE
11/12/2016 08h:34 CET

Le parc Dounia versé à l'OPLA par décret

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Le parc de loisirs Dounia situé aux Grands-Vents, sur les hauteurs d’Alger, sera,désormais, géré par l’Office des parcs et loisirs d’Alger (OPLA) après la dissolution de l’agence de promotion du parc des Grands-Vents par le premier ministre Abdelmalek Sellal.

Une décision publiée dans le journal officiel n°69 en date du 6 décembre et qui abroge tous les articles du décret exécutif n° 06-369 du 19 octobre 2006 portant création, organisation et fonctionnement de l'agence de promotion du parc des Grands Vents, sont abrogées.

De ce fait, l’OPLA(Office des parcs et loisirs d’Alger) devient responsable de la gestion de ce parc et ce qu’il contient, notamment "l'ensemble des biens, droits, obligations, personnels et moyens de toute nature détenus par l'établissement dissous", précise l’article 2 du même décret publié dans le Journal officiel.

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Le parc des grands vents, un projet lancé par l'ancien gouverneur d'Alger Cherif Rahmani en grandes pompes, devait doter la capitale d'un espace vert unique passible d'en devenir le poumon de la capitale. Mais depuis, les 1 059 hectares ont fait saliver plus d'un et ont fait, du coup, couler beaucoup d’encre.

Retard de lancement, désistement des promoteurs notamment les emiratis de EIIC (Emirati international Investment company), gestion douteuse dont le dernier scandale de distribution de près de 65 hectares.

A l’origine, le parc Dounia prévoyait de consacrer les 3/4 de sa surface aux aires de jeux, terrains de sport, jardins botaniques, forêts et 30% à la construction d'immeubles précurseurs en matière d'environnement.

Les 1059 hectares sont réparties, selon le décret publié dans le journal officiel en date d'avril 2012, sur cinq communes, à savoir Dely Ibrahim (196 hectares), Ouled Fayet (163 hectares, dont 20 destinés à l’espace vert), El Achour (544 hectares, dont 97 destinés à l’espace vert), Baba Hassen (96 hectares destinés à l’espace vert), Draria (20 hectares, espace vert). L'aménagement du parc devait comprendre un parc naturel, un complexe métropolitain et une route express.

Le plan d’aménagement initial du "parc Dounia" rendu public officiellement en septembre 2008 par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme et le principal porteur du projet, le groupe émirati EIIC, consacrait le caractère vert du projet dont 70 % de la surface globale devait revenir exclusivement à des espaces de loisirs verts. Les 30 % à construire devait comprendre pas moins de 13 000 logements de standing, 500 chambres d’hôtels, un amphithéâtre de 5 000 places, un parking d’une capacité de 8 000 places, des commerces, un hôpital "international" et une tour de 47 étages.

La réalisation de ce parc, selon le même plan, devrait coûter plus de cinq milliards de dollars d’investissement, avec un délai de mise en œuvre de cinq ans à partir de 2008. Après de longues négociations, la convention d’investissements portant sur la réalisation de ce parc de loisirs a été signée en mars 2011 par l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi) et le groupe émirati EIIC.

Ondes de choc de la crise des surprimes, les emiratis ont mis un frein à leurs engagements. d'abord à cause du statut juridique du parc qui posait la problématique de la propriété mais aussi à cause des financements. EIIC espérait que les banques algériennes allaient financer le projet mais ces dernières n'ont jamais voulu s'y engager. Les lenteurs administratives pour les expropriations et le raccordement aux VRD (Voiries et réseaux divers) ont fini par faire entrer le parc dans une nouvelle phase d'hibernation. La scabreuse affaire d’attributions de 96 concessions au niveau de ce parc a remis sous les feux de la rampe un projet qui n'a jamais pu prendre le bon départ.

Après avoir souligné la résiliation, par ses services, des contrats relatifs à 96 projets, dont une quarantaine de fast-foods, M. Nouri avait indiqué lors d’une sortie sur le terrain que "la distribution des lots en question s’est faite en l’absence de plans d’aménagement territoriaux, d’où la gravité de la situation".

Une affaire qui aurait motivé la dissolution pure et simple de l’établissement d'un ambitieux projet qui n'a jamais pu voir le jour.

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