MAROC
03/04/2019 12h:37 CET

Le pape François: "Avec les musulmans, nous sommes descendants du même père, Abraham"

Le pape François est revenu sur sa visite officielle au Maroc, lors de l'audience générale du 3 avril.

Vatican Media / Reuters
Le pape François salue les Marocaines lors d'une visite dans un service social rural dirigé par les Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul à Temara, le 31 mars 2019.

RELIGION - Ces 30 et 31 mars, le Maroc a accueilli le chef de l’Église catholique, le pape François. De retour au Vatican, le souverain pontif a dressé un bilan de cette visite historique, ce 3 avril, lors de l’audience générale, rapporte Vatican News. Importance du dialogue inter-religieux, soutien apporté aux migrants, accueil reçu par Mohammed VI et moment de communion à la messe géante. Le pape François est satisfait de sa visite au Maroc. 

Le souverain pontif est d’abord revenu sur l’importance du dialogue inter-religieux avec les musulmans. Pourquoi a-t-il voyagé en terre d’islam?, lui demande-t-on en préambule. “Avec les musulmans, nous sommes descendants du même père, Abraham. Nous ne devons pas avoir peur de la différence: Dieu a permis cela. Nous devons plutôt avoir peur si nous ne faisons pas ce travail de fraternité”, a affirmé le chef du Vatican.

Durant son voyage, le pape François a marqué son intérêt pour le dialogue inter-religieux dès la première journée. A la Tour Hassan, d’abord où il a tenu un discours devant les représentants de toutes les religions et de toutes les cultures avec le roi Mohammed VI. “Ici sur cette terre, pont naturel entre l’Afrique et l’Europe, je souhaite redire la nécessité d’unir nos efforts, pour donner une nouvelle impulsion à la construction d’un monde plus solidaire, plus engagé dans l’effort honnête, courageux et indispensable d’un dialogue respectueux des richesses et des spécificités de chaque peuple et de chaque personne”, avait-il dit en italien traduit ensuite en arabe.  

Au palais royal, ensuite où, avec le roi, il a signé un appel conjoint pour la ville de Jérusalem/Al Qods. Pour la paix, “pour les fidèles des trois religions monothéistes”. Sa visite à l’Institut Mohammed VI de formation des imams allait également dans le sens de ce dialogue inter-religieux. Le pape et le roi y ont assisté à un concert dirigé par l’Orchestre philharmonique du Maroc où Allahu Akbar, Adonaï et Ave Maria ont été chantés en choeur. Pour tout cela, le pape a “renouvelé sa gratitude envers le roi Mohammed VI et les autorités”, ce 3 avril. “Surtout le roi. Il était si fraternel, si amical, si proche”, a affirmé le pape. 

“Servir l’espoir, à une époque comme la nôtre, signifie avant tout construire des ponts entre les civilisations. Et pour moi, ce fut une joie et un honneur de pouvoir le faire avec le noble royaume du Maroc, en rencontrant son peuple et ses dirigeants. Rappelant quelques sommets internationaux importants qui se sont tenus dans ce pays ces dernières années, nous avons réaffirmé avec le roi Mohammed VI le rôle essentiel des religions pour la défense de la dignité humaine et la promotion de la paix, de la justice et du souci de la création, notre foyer commun”, a-t-il ajouté

Les migrants et la messe géante

Lors de l’audience générale, le pape François a également abordé le thème des migrants et sa visite au centre social de l’Église catholique, Caritas. Comme l’archidiocèse de Rabat, il a d’abord rappelé qu’il ne fallait pas dire “migrant”, mais “personne migrante”. “Nous sommes tombés dans la culture des adjectifs, nous utilisons de nombreux adjectifs et nous oublions souvent les noms, c’est la substance. L’adjectif doit être attaché à la personne”, a-t-il affirmé. 

Le souverain raconte avoir remercié l’Église catholique catholique pour son travail d’assistance et “cette ouverture aux différences sous le signe de la fraternité humaine”. “En tant que Saint-Siège, nous avons offert notre contribution qui est résumée en quatre verbes: accueillir les migrants, les protéger, les promouvoir et les intégrer”.

Lors du deuxième jour de sa visite, le pape François a consacré toute son attention à la communauté chrétienne du Maroc. D’abord en visitant le centre rural géré par les Filles de la Charité à Témara, ensuite à la cathédrale Saint-Pierre de Rabat où il a tenu l’Angelus et rencontré les prêtres, les personnes consacrées et le Conseil œcuménique des Églises. Ensuite, il a tenu une messe géante ouverte aux chrétiens mais aussi aux autres confessions, au complexe sportif Moulay Prince Abdallah. Près de 10.000 personnes étaient présentes pour communier et célébrer la fraternité. 

“Et la joie de la communion ecclésiale a trouvé son fondement et sa pleine expression dans l’Eucharistie dominicale célébrée dans un complexe sportif de la capitale. Des milliers de personnes de près de 60 nationalités différentes! Une épiphanie singulière du peuple de Dieu au cœur d’un pays islamique. La parabole du Père miséricordieux a fait briller au milieu de nous la beauté du dessein de Dieu, qui veut que tous ses enfants participent à sa joie, à la fête du pardon et de la réconciliation”, a-t-il raconté lors de l’audience générale.

“Il en est ainsi: seuls ceux qui renaissent et vivent dans les bras de ce Père, seuls ceux qui se sentent frères peuvent être les serviteurs de l’espoir dans le monde”, a conclu le pape.