ALGÉRIE
06/09/2019 08h:48 CET | Actualisé 06/09/2019 08h:49 CET

Le panel de Belhimer à Derouaz: “L’autorité suprême” rabrouée par le “Pouvoir”, le “conseil consultatif” snobé par Karim Younes

Deux textes publiés jeudi racontent de l’intérieur certains aspects de l’instance de dialogue et de médiation, le “panel”. Amar Belhimer évoque le discrédit du panel après le rejet des mesures d’apaisement acceptées par Abdelkader Bensalah. Aziz Derouaz s’insurge, lui, contre le fait que Karim Younes snobe le  "conseil consultatif" créé par l’instance.

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Panel

Président du Comité politique de l’instance de médiation et de dialogue, Amar Belhimer n’hésite pas à faire un clin d’oeil en titre d’un article consacrée au “bilan” du panel au classique  “Mission accomplie” de Saad Dahlab à propos des négociations d’Evian.

Pourtant l’article de Amar Belhimer intitulé “Au cœur du Panel, Mission accomplie” publié dans Le Soir d’Algérie n’est pas le récit d’une négociation. Il raconte surtout le paradoxe d’une instance frappée de discrédit par ceux-là mêmes qui ont poussé à sa création et qui continue, malgré tout, à faire le “travail” et à s’adapter ses conclusions aux exigences du pouvoir. 

Les étudiants en sciences politiques pourront trouver dans le texte de Belhimer  matière à réflexion sur cette spécificité bien algérienne qui fait que “l’autorité politique suprême du pays” n’est pas le “Pouvoir” et que les engagements de la première peuvent être rejetés sans ménagements par le second. 

Le texte de Belhimer évoque beaucoup de sujets, la crise, l’érosion des espaces de médiation, la crise d’un modèle fondé sur” la rente pétrolière et de la formation d’une oligarchie qui organise sa captation”. Pourtant, à l’heure du “bilan”, ce sont les passages sur ’l’Instance” elle-même qui sont frappants. 

Démissions gênantes

On y lit que le refus du “Pouvoir” d’accepter les “préalables de mesures d’apaisement, malgré l’engagement pris par le président de l’Etat, a constitué une entrave sérieuse au projet de médiation et de dialogue, provoquant quelques démissions gênantes et un risque de fin de mission précoce de l’instance concernée.”

Même s’il n’est un secret pour personne qu’il s’agit d’Ahmed Gaïd Salah ou du commandement de l’armée, Amar Belhimer s’abstient de désigner précisément ce “pouvoir”. Il constate que le “discours  rappelant le seul objectif de scrutin présidentiel, avec rejet des conditions préalables, ont largement contribué au discrédit de cette instance, considérée par une bonne partie de la classe politique et du mouvement citoyen, comme une simple commission technique de préparation à l’adhésion au projet électoral ciblé.”

Mais malgré ce refus du pouvoir, les membres de l’instance et “son coordinateur en particulier”  ont décidé de continuer “malgré ces nouvelles difficultés et une très forte hostilité populaire”. 

Pourtant l’engagement de Bensalah - qualifié dans le texte de “première autorité politique du pays” mais qui néanmoins n’est pas le “pouvoir” - de répondre favorablement à propos des mesures d’apaisement avait “suscité de l’espoir” mais “malheureusement, le non-respect de l’engagement pris par l’autorité politique suprême du pays provoquera de sérieuses difficultés dans l’entame du processus de concertations.” 

Derouaz décroche et renvoie la balle à Karim Younes

Il n’y a pas que l’engagement contrarié de “l’autorité suprême du pays” qui entache la démarche du panel. Le jour même où Amar Belhimer publiait son bilan “globalement positif”, l’ancien entraîneur de l’équipe nationale de handball et ex-Ministre de la Jeunesse et des Sports et Président du Conseil Supérieur de la Jeunesse, Mohamed Aziz Derouaz, fustigeait la manière avec laquelle, Karim Younès, traite, les membres du “conseil consultatif” de l’instance du dialogue. 

Dans un post sur sa page Facebook, Azziz Derouaz se dit surpris de “prendre connaissance du contenu d’un projet de texte de loi élaboré par “l’Instance de dialogue et de concertation” concernant la création d’une commission d’organisation et de contrôle des élections”, transmis aux acteurs politiques et de la société civile , sans que les membres du “conseil consultatif” créé par la dite instance, et dont je suis sensé faire partie, n’en prenne connaissance”

Tout en déclarant qu’il ne partage pas le contenu de ce texte, Aziz Derouaz, se dit choqué par le procédé “dès lors que ladite commission, selon les informations qui nous ont été données lors de son installation, a été créée à l’effet de mettre l’expérience, la crédibilité et/ou la sagesse de ses membres au service d’une cause politique majeure, et que dès lors, l’absence de concertation rend caduque le rôle et l’existence dudit conseil.”

Derouaz informe l’opinion qu’il n’a plus “d’attache, ni directe, ni indirecte” avec l’instance de dialogue et de concertation.