MAROC
17/12/2018 18h:11 CET

Le PAM accuse le gouvernement de ne pas combattre la corruption comme il faut

Pour Benabdelkader, la corruption est d’abord "un problème de la société".

FADEL SENNA via Getty Images

PARLEMENT - Les députés du PAM ne sont pas satisfaits. Ce lundi, à l’occasion de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, ils n’ont pas eu “une réponse convaincante”, à leurs yeux, sur leur question adressée au ministre délégué chargé de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, Mohamed Benabdelkader, sur la lutte contre la corruption.

La députée PAM, Ibtissam Azzaoui, a interpellé le ministre sur les mesures engagées par le gouvernement pour combattre le fléau de la corruption soulignant l’importance de “sanctionner sévèrement” les responsables. “Qu’ils soient ministres ou directeurs, il faut punir les responsables”, s’est-elle emportée. Et de soutenir que des entreprises “se font racketter” dans le cadre d’appels d’offres et que “des rapports sur des cas de corruption et de malversations ne font pas l’objet de suite”. “Il faut appliquer la reddition des comptes!”, s’est-elle exclamée.

En réponse, Benabdelkader a estimé que la corruption est d’abord un phénomène qui relève de la société et que c’est donc “un problème de société avant qu’il ne soit le problème du gouvernement”. Et de rappeler que le gouvernement a mis en place depuis janvier dernier une plateforme, “Chikaya.ma”, pour permettre aux citoyens de faire part de leur plaintes liées, entre autres, à la transparence. “Nous avons reçu, à ce jour, 80.000 réclamations dont 79% ont été traitées”, a-t-il annoncé.

Le ministre a aussi précisé que le gouvernement a adopté un plan d’action dans lequel a été constitué une commission nationale de lutte contre la corruption. “Il s’est réuni en avril dernier et devra en tenir une autre ce mois-ci”, a-t-il ajouté. 

Au mois de février dernier, profitant d’une réunion du conseil de gouvernement, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani, avait demandé à son équipe de redoubler d’effort en matière de transparence. “L’indice de perception de la corruption de Transparency nous a classés en 81ème position. Nous avons réussi à améliorer notre classement de 9 points. Malheureusement, cela reste insuffisant”, avait prévenu le chef du gouvernement estimant que le Maroc doit grimper un peu plus dans ce classement.

El Othmani avait précisé, par la même occasion, qu’“un certain nombre de responsables font l’objet d’enquête (…) Nous ne pouvons pas, à chaque arrestation, dénoncer un responsable ou un autre tant que la justice n’a pas émis de condamnation”, avait-il affirmé. Quelques dizaines de dossiers impliquaient des responsables suite à des plaintes directes et des dénonciations via le numéro vert du ministère de la Justice.

Mais ces dossiers pouvaient aussi, avait expliqué El Othmani, être l’issue “de rapports dressés par les inspections générales ou autres et/ou par la Cour des comptes. Tous sont soumis à la justice”. Et d’ajouter que le gouvernement réfléchissait au moyen de permettre à l’opinion publique de suivre l’évolution de ce dossier. Une réflexion qui n’a pas encore abouti.