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08/02/2019 15h:55 CET | Actualisé 08/02/2019 15h:58 CET

Le Palais Kheïreddine devient le Palais Gorgi

C’est une exposition digne des expositions qui se tiennent à Londres, Paris ou New York consacrée à un artiste éclectique de grand talent.

Chedly Mamoghli

La grande exposition rétrospective consacrée à feu Abdelaziz Gorgi, pilier de l’école de Tunis, qui se tient au Palais Kheïreddine -musée de la ville de Tunis- fait date. Elle se distingue par sa qualité et par sa variété. 

C’est une exposition digne des expositions qui se tiennent à Londres, Paris ou New York consacrée à un artiste éclectique de grand talent. Son oeuvre est composée, fut-il le rappeler, de dessins, de tableaux, de tissage, de sculpture, de mosaïques et de céramique. Aucune de ces catégories n’a été négligée. Chacune est présente, a toute sa place et mise en valeur. Seules les mosaïques manquent à l’appel, forcement pour des raisons logistiques. 

Exposition Gorgi

 

Gorgi avait une âme d’artiste, il disait: “Je suis avec mon dessin. Je monte, il descend. Il se casse la gueule. Je le fiche dehors. Je n’ai plus rien à voir avec lui. Puis il me manque. Je le rappelle. Il revient. Le dessin, c’est la poésie. C’est aussi le volume, l’architecture. Un personnage que je crée, un paysage tout entier, une ville, un quartier. Je me promène en lui, je vais, je viens, je m’arrête...” 

Des photographies accompagnées de légendes retracent les étapes successives qui ont jalonnées la vie de l’artiste. Certaines à Tunis, d’autres ailleurs. Certaines avec ses compères de l’Ecole de Tunis, d’autres avec des personnalités tunisiennes ou étrangères dont une avec l’homme d’affaires et grand mécène américain David Rockefeller chez Gorgi à Tunis en 1975.

Egalement, des œuvres de jeunes artistes s’inspirant et rendant hommage à Gorgi sont admirablement exposées.

Le Graal de cette exposition c’est qu’à l’étage, d’autres œuvres des artistes de l’école de Tunis sont exposées ainsi des tableaux de Jellal Ben Abdallah, Ammar Farhat, Ali Bellegha, Jules Lellouche, Moses Levy, les Turki et d’autres sont magnifiquement réunis dans une même pièce .

Cette exposition est à saluer et c’est grâce au mécénat de l’entreprise Talan qu’elle a vue le jour. Si chaque année, Talan prend en charge un événement pareil, ça sera excellent. Les banques, assurances et autres grandes entreprises devront faire de même, je pense particulièrement à l’UIB (qui a la plus belle collection de tableaux tunisiens) et à la BIAT.

Exposition Gorgi

 

Nos représentations diplomatiques en collaboration avec le ministère des Affaires culturelles et les différentes parties concernées devront organiser des expositions et des rétrospectives consacrées à un grand artiste tunisien ou à l’Ecole de Tunis à Londres, Moscou, Pékin, Paris, Berlin, Washington, Beyrouth, Rome, Istanbul et ailleurs. Notre patrimoine et les arts et la culture de la Tunisie doivent être mis en exergue et valorisés. Cela vaut toutes les campagnes publicitaires et de promotion qui coûtent les yeux de la tête.

Partout dans le monde, les pays civilisés qui accordent aux arts et à la culture toute l’attention et l’intérêt mérités et qui connaissent l’importance de ce soft power si efficace et si prestigieux entreprennent de telles initiatives et organisent ces événements de par le monde en dépit des difficultés et des problèmes rencontrés. N’inventons pas des excuses et des prétextes, ne soyons pas défaitistes dès le début et après s’il y a des handicaps et des difficultés, il faut les résoudre et les surpasser. Il ne faut oublier pas que le sponsoring privé peut aider dans ce genre d’initiatives, il ne faut pas oublier aussi que beaucoup de pays sensibles aux arts et à la culture apprécient ces initiatives, faciliteront et feront tout pour qu’elles voient le jour. 

Exposition Gorgi

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