MAROC
04/12/2018 21h:23 CET | Actualisé 05/12/2018 07h:23 CET

FIFM: Après six ans d'absence, Mohamed Zineddaine présente "La guérisseuse" à Marrakech

Un drame saisissant.

D.R.

CINÉMA – N’ayant vu la sélection d’aucun film marocain, la dernière édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM) avait été vivement critiquée. Les nouveaux organisateurs du rendez-vous cinéphile ont bien entendu les revendications passées et ont laissé cette année toute leur place aux productions nationales.

Parmi les 14 films en course pour l’Étoile d’or, on retrouve ainsi un film suisso-marocain, “Urgent” de Mohcine Besr. Parallèlement à cette présence dans la compétition officielle, la section “Panorama du Cinéma Marocain” place en haut de l’affiche le 7ème art national avec 7 films récents. Parmi eux, le nouveau film de Mohamed Zineddaine, “La Guérisseuse”, projeté en avant-première nationale au palais des Congrès de Marrakech.

Après six ans d’absence, le réalisateur marocain Mohamed Zineddaine est de retour avec son second long-métrage. “Cette présentation est une première mondiale. Je suis très heureux. Je remercie le festival de l’avoir sélectionné, et tous ceux qui ont soutenu le film”, a déclaré Mohamed Zineddaine au public venu en nombre. Sur scène, le réalisateur est rejoint par ses acteurs principaux, “parce que, vous verrez, l’histoire ne tourne pas autour d’un seul personnage”, dit-il. Fatima Atif, Mehdi Laaroubi, Ahmed Moustafid et Nisrine Adam montent sur scène, suivis par la co-productrice du film, sa co-scénariste, son premier assistant et son régisseur.

Un drame moderne et saisissant

Le nouveau long-métrage du réalisateur raconte l’histoire d’Abdou, Mbarka, Ch’aayba et Naïma. Des personnalités différentes, des situations opposées, des histoires à part. Et pourtant.

En périphérie d’une ville minière d’exploitation de phosphates, on retrouve Abdou, un adolescent de 16 ans, serviable, simple et incapable de faire du mal. Il cherche à sortir de sa condition en apprenant à lire et écrire. Le soir, il retrouve Naïma, une jeune de son âge, en cachette sur les toits. Parce que la mère adoptive d’Abdou, Mbarka, lui a interdit de s’instruire. Elle est la guérisseuse du quartier que tout le monde craint et respecte.

Un jour, sur le conseil d’Abdou, Ch’aayba, trentenaire incontrôlable, cynique et pickpocket, se laisse convaincre de rendre visite à Mbarka et soigner l’eczéma qui le fait souffrir. Cette rencontre liera, de manière dramatique, le sort de ces trois personnages.

Durant tout le film, Mohamed Zineddaine nous tient en haleine. Rien n’est prévisible dans “La guérisseuse”, mais les personnages semblent pourtant x tout droit sortis de la réalité, une réalité que l’ont connaît bien au Maroc. Le jeune trop pauvre pour pouvoir aller à l’école, la guérisseuse qui fait des miracles pour tout son quartier, le trentenaire vendeur de poisson mais repoussé par tout le monde. Il y a aussi cette jeune femme, pauvre et seule. Le fil rouge de l’histoire, c’est elle aussi, qui lie en quelque sorte le destin de tous ces personnages. 

Le film de 102 minutes fait sensation et signe le retour remarqué de Mohammed Zineddaine. A la fin de la projection, la salle des Ambassadeurs, qui a accueilli la projection, se vide sous de nombreux applaudissements. Rendez-vous, prochainement, dans les salles obscures.