MAROC
22/02/2019 16h:20 CET

Le nombre de Maghrébins expulsés d'Allemagne en forte hausse en 2018

Les Marocains arrivent en tête.

CLEMENS HEIDRICH via Getty Images
Un policier allemand à l'aéroport d'Hanovre, décembre 2018.

IMMIGRATION - Le nombre d’expulsions de migrants maghrébins entrés illégalement sur le territoire allemand a considérablement augmenté. En 2018, 1.873 personnes ont été expulsées vers le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, soit environ 35% de plus qu’en 2017 où ils étaient 1.389, rapporte le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Selon les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur, le nombre de Marocains clandestins expulsés d’Allemagne vers le Maroc est passé de 634 en 2017 à 826 en 2018, celui des Algériens de 504 à 678, et celui des Tunisiens de 251 à 369. Par rapport à 2015 (135 expulsions au total), le nombre de Maghrébins expulsés a quasiment été multiplié par quatorze.

Selon le Rheinische Postles procédures d’expulsion ont été facilitées par les accords de coopération passés entre l’Allemagne et les pays du Maghreb, notamment sur l’échange de données biométriques sous forme électronique, qui permet une identification rapide des ressortissants étrangers et l’envoi immédiat de documents de voyage pour leur expulsion. Le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, avait effectué en 2016 une tournée dans la région pour signer une série d’accords en ce sens.

La semaine dernière, le Conseil fédéral allemand (Bundesrat) a reporté le vote sur la loi visant à classer les trois pays du Maghreb sur la liste des “pays d’origine sûrs”. Cette liste comprend les pays où l’on suppose qu’il n’y a ni persécution politique, ni peines ou traitements inhumains ou dégradants, ni menace pour la vie en raison d’un conflit armé.

Cette loi, qui a déjà été approuvée par le Bundestag (le Parlement allemand), devrait permettre d’accélérer encore les décisions d’asile et les expulsions. Pour entrer en vigueur, il faut cependant l’approbation du Bundesrat.

Pour l’instant, le vote des opposants (partis de gauche et les Verts) n’a pas permis à la loi de passer. Ils estiment en effet que les ressortissants des trois pays maghrébins qui demandent l’asile peuvent faire l’objet de discriminations dans leur pays d’origine en cas d’expulsion, notamment en raison de leur orientation sexuelle, et d’atteinte à leur liberté d’expression ou de torture.