ALGÉRIE
20/08/2019 10h:06 CET

Le moudjahid Lakhdar Bouregaa réaffirme sa confiance dans le collectif des avocats

Des avocats le disaient discrètement depuis deux jours, son fils vient de le confirmer publiquement: le commandant Lakhdar Bouregaa, n’a pas décidé de limiter sa défense à un petit groupe d’avocat, il continue de faire confiance au collectif des avocats qui se sont volontairement constitués pour sa défense.

AFP

L’affaire aurait pu être banale, mais elle a pris une tournure politique. Un communiqué annonçant la limitation de la défense du moudjahid à un petit groupe d’avocat, signé au nom de la famille, par  Hani Bouregaa, affirmait que la décision avait pour but de “concentrer les efforts” pour sa libération et “d’éviter toute exploitation politique, quelle que soit son orientation”.

Il n’en fallait pas plus pour que les médias pro-pouvoir s’en saisissent. A l’image de  Alg24, site en français d’Ennahar, qui a titré “La famille de Bouregaa désavoue l’exploitation de son affaire à des fins politiques”.

 Un avocat, membre du comité de défense, cité par Reporters, rapporte le Commandant Bouregaa, a exprimé sa “sa gêne, sa stupéfaction et sa frustration suite au communiqué rédigé et publié à son insu”. 

Le fils de Lakhdar Bouregaa a publié à son tour une mise au point demandant à l’opinion publique de ne pas tenir compte du communiqué publié, à son insu sur sa page Facebook, par un parent. “ Un communiqué a été publié récemment au sujet de la constitution d’avocats pour mon père, le moudjahid Lakhdar Bouregaa. Je vous assure que je n’ai pas publié ce communiqué mais ce que cela a été fait par un parent sans que j’en sois informé. Je prie le peuple algérienne et notamment les avocats de ne pas considérer le communiqué publié par autrui. Le moudjahid Bouregaa est le père de tous les Algériens, il n’est pas mon père à moi seul. Ce sont ses propos de toujours.  Mes excuses à tous les enfants du moudjahid”.

Âgé de 86 ans, le moudjahid Lakhdar Bouregaa, a été arrêté le 29 juin dernier et embarqué dans un centre des services de sécurité avant d’être placé en mandat de dépôt sous l’accusation de participation “ à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la Défense nationale et à un corps constitué”. 

L’arrestation de Bouregaa s’est accompagnée d’une campagne médiatique destinée à mettre en doute son passé révolutionnaire qui a révulsé l’opinion publique. Une action qui a poussé l’organisation nationale des moudjahidines à rétablir les faits tout en annonçant des poursuites judiciaires contre les médias auteurs de diffamation contre le moudjahid Bouregaa.