MAROC
12/12/2018 16h:19 CET

Le Morocco adventure film festival revient à Rabat pour développer chez les Marocains le goût pour l’aventure

Le festival s'invite également dans les prisons.

Morocco Adventure Film Festival

CULTURE - Le Morocco adventure film festival est de retour à Rabat pour une troisième édition. Du 12 au 15 décembre, les spectateurs pourront découvrir 30 films-documentaires marocains et étrangers qui les feront voyager et monter leur adrénaline. 

“Je participe souvent à des festivals de films de voyage et d’aventure à l’étranger en tant qu’invité, conférencier ou juré. On peut en compter une cinquantaine en France et une dizaine en Espagne. Au Maroc, il n’y avait pas encore d’événements similaires et j’ai donc décidé de créer ce festival”, raconte au HuffPost Maroc Youssef El Achhab.

Projetés au cinéma Renaissance, à la Villa des arts et à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), ces films suivent, pour la plupart, les aventures d’amateurs de sensations fortes aux États-Unis, au Canada, en Islande, en Chine, en Iran, en Suède, au Tchad, ou encore aux montagnes de l’Himalaya. Plusieurs sports extrêmes et disciplines seront représentés notamment l’alpinisme, le VTT, le ski, le surf et la spéléologie.

Au programme

Parmi les films, le public pourra retrouver “The Age of Disconnection” de Cristobal Gonzalez, “Emocean” de Tony Harrington, “Le passeur de la Nahanni” de Dominique Snyers, “Paige, a life of passion and inspiration” de Bjarne Salen, “In the Starlight” de Mathieu Le Lay, ou encore “Shades of Winter: Couples” de Sandra Lahnsteiner. Le directeur du festival espère cette année dépasser les 80% de taux de remplissage des salles atteint l’année dernière lors des projections de films. 

Cette année, les Rbatis pourront également découvrir des expéditions moins “extrêmes” que le directeur et fondateur du festival, Youssef El Achhab, qualifie d’“aventures humaines”. Un changement dans la programmation qui semblait nécessaire pour le guide de montagne et documentariste de 32 ans. 

“Arrivés à la troisième édition, nous nous sommes rendu compte que les films que l’on avait proposés lors des éditions précédentes étaient peut-être trop techniques et adressés à un public très restreint. Nous avons alors décidé d’alléger un peu le contenu et de nous ouvrir sur les aventures humaines pour avoir une plus grande audience”, explique Youssef El Achhab, qui a dû, en 6 mois, choisir sa sélection de films-documentaires parmi les 1500 films envoyés depuis les quatre coins du monde.

Dans le but de vulgariser la culture cinématographique et développer chez les Marocains le goût pour l’aventure, le festival organise également, au Hiba Lab (au-dessus de la Renaissance) et à la Villa des arts, des conférences, ateliers et masterclass sous différentes thématiques notamment la préparation et réalisation d’une expédition au moindre coût, le nomadisme digital, ou encore l’initiation à la photographie.

Lors de ces activités, les participants pourront rencontrer des aventuriers de plusieurs nationalités comme le couple de globetrotters marocains Les Yakines, venus raconter leur voyage de 5 mois lors duquel il ont parcouru 17.000 kilomètres en train et visité 12 pays différents, ou encore Othmane Zolati, un jeune Marocain qui a fait le tour du continent africain à pieds.

Du cinéma dans les prisons

Autre nouveauté de cette 3e édition: le festival s’invitera dans les institutions pénitentiaires. Al Achhab a recréé le festival à l’intérieur des prisons locales Al Arjat 1 et Al Arjat 2, au nord de Rabat, pour faire profiter les détenus du programme. Les prisonniers pourront donc eux aussi assister aux projections des films et bénéficier des ateliers et masterclass pour les initier aux métiers de l’image.

“J’ai eu l’occasion de visiter ces institutions dans le cadre d’un autre projet culturel et je me suis rendu compte que ces personnes étaient délaissées”, regrette Al Achhab. “Les actions sociales dans les prisons sont souvent limitées aux dons de vêtements ou aides similaires. Le programme du festival était déjà prêt et bien établi, alors pourquoi ne le partagerions-nous pas avec les détenus?” déclare l’aventurier en ajoutant que le festival pourrait entamer une tournée nationale des prisons à partir de 2019 si l’expérience est réussie. 

Si l’entrée est gratuite pour les ateliers et conférences, les aventuriers en herbe devront cependant réserver leur place en remplissant un formulaire en ligne. Les projections de films au cinéma Renaissance sont quant à elles accessibles à partir de 20 dirhams.