TUNISIE
27/07/2018 10h:56 CET | Actualisé 27/07/2018 10h:57 CET

Le ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi agressé physiquement pour avoir secouru un enfant exploité économiquement

"J’ai agi humainement mais aussi en tant que ministre responsable de l’application de la loi"

Le ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi a été agressé physiquement par un marchand de légumes alors qu’il faisait ses courses à Sfax.

Invité sur la radio Jawhara FM, le ministre explique ce qui s’est passé: “Je me suis arrêté à un marchand de légumes en rentrant chez moi. J’ai vu un jeune enfant en train de se faire maltraiter par le propriétaire du magasin. J’ai décidé d’intervenir”.

“Je lui ai dit que ça ne se faisait pas de frapper un jeune enfant comme ça, devant les gens (...) Ce n’était qu’un enfant, il avait 12 ans. Il m’a alors répondu que c’était son salarié et qu’il en faisait ce qu’il voulait” raconte le ministre.

Mohamed Trabelsi affirme avoir rappelé au propriétaire la loi qui interdit l’exploitation des enfants mais que rien n’y a fait. Il continuait “avec l’aide de son associé” de frapper l’enfant. “J’ai simplement voulu protéger le petit” a-t-il ajouté expliquant qu’il s’est retrouvé agressé physiquement par les propriétaires qui ne l’ont pas reconnu.

“Je suis allé incognito, en civil, sans gardes du corps” a-t-il avoué. Ce n’est qu’après avoir été chercher le juge pour enfants pour extirper le petit garçon et le rendre à ses parents et la convocation des propriétaires par la police qu’ils ont compris que c’était le ministre des Affaires sociales: “Mais peu importe que je sois ministre ou pas, ils n’ont pas a se comporter comme ça”.

“L’essentiel est que l’enfant ait retrouvé ses parents. On a parlé à son père pour lui expliquer que la place de son fils était à l’école et au travail, même si le but de l’enfant était d’apprendre un métier” estime Mohamed Trabelsi.

“Je me suis renseigné sur lui. C’est un garçon brillant dans ses études. Il fait partie d’une famille qui n’a pas les moyens de subvenir à ses besoins” atteste le ministre certifiant que le gouverneur a pris les coordonnés de la famille et a promis de les aider pour que le jeune garçon ne soit plus obligé de travailler.

“C’est des choses sur lesquels on ne doit pas se taire, on doit faire face à la violence et l’exploitation des enfants au quotidien (...) J’ai agi humainement mais aussi en tant que ministre responsable de l’application de la loi. De part mon poste de ministre des Affaires sociales, je suis responsable de l’application de la loi du travail”.

“J’espère que cette affaire permettra de faire plus attention à la situation des enfants exploités économiquement, surtout durant les vacances scolaires” a-t-il conclu.

“21,5% des enfants tunisiens vivent dans la pauvreté”, avait déclaré le président de l’Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant, Moez Cherif, sur les ondes d’Express Fm en avril 2017. Ce chiffre qui a été élaboré avant la révolution a probablement augmenté ces dernières années, avait-il estimé.

En décembre dernier, le ministre des Affaires sociales avait dénoncé une “exploitation économique” des efnants. Il a estimé à 136 mille enfants, soit 9,5% d’entre eux, le nombre d’enfants qui travaillent actuellement en Tunisie, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (INS). La plupart de ces enfants sont issus du Nord et du Centre-Est du pays.

En avril 2017, le ministère des Affaires sociales en collaboration le Bureau international du travail (BIT) a lancé le projet “Ensemble contre le travail des enfants en Tunisie” qui s’échelonnera de 2017 à 2020.

Naïma Zaghdoudi, coordinatrice nationale du projet a souligné que les secteurs les plus touchés par le phénomène sont l’agriculture, les petits ateliers de menuiserie, les garages (de mécaniciens), les coiffeurs et également le travail domestique pour les petites filles.

En novembre 2017, le délégué général de l’enfance, Mehyar Hamadi, a révélé que 12 mille signalements sur des situations d’enfants en danger ont été enregistrés en 2017 dont des situations où les enfants sont exploités économiquement.

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