TUNISIE
29/06/2018 17h:23 CET | Actualisé 29/06/2018 17h:24 CET

Le ministre des Affaires étrangères catégorique: Nous n'accueillerons pas de plateformes de débarquements de migrants en Tunisie

Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord ce vendredi 29 juin au petit matin sur les migrations, qui propose une “nouvelle approche” avec la création de “plateformes de débarquements” de migrants en dehors de l’UE

Thierry Monasse via Getty Images

En marge de sa rencontre avec l’envoyé spécial des Nations-Unies pour la Libye, le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui est revenu sur la crise migratoire qui touche l’Europe mais aussi de nombreux pays africains: “Cette immigration, n’est pas quelque chose de nouveau. Il y a des États -dont certaines grandes puissances- qui ont été créés grâce à l’immigration” a-t-il débuté.

S’il convient qu’il existe une crise politique en Europe, qui résulte de la question migratoire, Khemaies Jhinaoui a réitéré le refus de la Tunisie d’installer sur son territoire un camp de migrants ou une “plateforme de débarquements” comme le prévoit le nouvel accord signé par les parties européennes, vendredi, au petit matin.

“Nous sommes naturellement contre la mise en place de ‘plateformes de débarquements’. Cela n’a pas été proposé à la Tunisie, et s’ils le proposent, nous pensons qu’il y a d’autres comportements pour résoudre cette crise migratoire” a-t-il avancé.

Parmi ces solutions, “la lutte contre les passeurs clandestins, et ce pour la protection de nos citoyens mais aussi des autres candidats; mais aussi la mise en place d’autres moyens pour encourager l’immigration légale”.

“L’Europe a besoin d’un apport démographique venant d’en dehors de l’Europe alors que dans les pays du sud de la Méditerranée, dont les pays d’Afrique du Nord, il y a la volonté de la part de nombreux jeunes chômeurs de travailler en Europe” explique le ministre des Affaires étrangères.

“Ce sujet ne pourra pas être traité en rejetant l’autre, en créant des ‘plateformes de débarquements’. Il nécessite, de la part de toutes les prenantes, un partenariat gagnant-gagnant pour l’intérêt de l’Europe mais aussi des pays du sud” a-t-il conclu.

Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord ce vendredi 29 juin au petit matin sur les migrations, qui propose une “nouvelle approche” avec la création de “plateformes de débarquements” de migrants en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.

Interrogé par le journal belge Le Soir, l’ambassadeur de Tunisie auprès de l’Union Européenne Tahar Cherif avait déjà rappelé le refus du chef du gouvernement tunisien face à cette question: “La question a été posée au chef de notre gouvernement il y a quelques mois déjà lors d’une visite en Allemagne, elle a été posée aussi par l’Italie, et la réponse est claire : c’est non ! Nous n’avons ni les capacités ni les moyens d’organiser ces centres de rétention. Nous souffrons déjà beaucoup de ce qui se passe en Libye, qui a d’ailleurs été l’effet d’une action européenne”.

 

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