TUNISIE
08/02/2019 13h:09 CET

Le ministre de l'Agriculture confirme la chasse illégale de l'Outarde Houbara dans le sud tunisien par une délégation de qataris

"Grâce aux nombreux rapports que nous avons reçu, cela ne fait pas de doute” a-t-il expliqué.

Le ministre de l’Agriculture Samir Taïeb a confirmé, vendredi, l’implication d’une délégation qatarie dans la chasse de l’outarde Houbara dans le sud tunisien, et ce d’une façon illégale.

Auditionné par l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre a affirmé qu’ “il a été prouvé la présence d’une délégation officielle qatarie qui a résidé dans le sud tunisien (...) nos services de la direction des forêts ont vu et poursuivi cette délégation (...) Ces gens ne sont pas venus chasser la gazelle. Ils sont venus chasser l’outarde Houbara. Grâce aux nombreux rapports que nous avons reçu, cela ne fait pas de doute” a-t-il indiqué ajoutant que cela a été fait sans obtenir une autorisation auprès du ministère de l’Agriculture”.

“Nous allons envoyer ces rapports au président du gouvernement” a affirmé Samir Taieb expliquant que maintenant c’est au “ministère des Affaires étrangères de demander des explications à l’ambassade du Qatar à ce sujet”.

L’Outarde Houbara est un grand oiseau de la famille des Otididae et fait partie des espèces vulnérables. Elle se trouve dans son environnement naturel dans le sud du pays à Tataouine, Médenine, Kébili, Tozeur et Gabès.

“Le ministère (...) a pris les mesures nécessaires à sa protection afin d’éviter son extinction en le classant sur la liste des espèces vulnérables, en créant des parcs nationaux et des réserves naturelles leur permettant de se reproduire naturellement” a expliqué le ministre de l’Agriculture.

Dans ce cadre, il a été convenu avec les services du ministère de la Défense, de l’Intérieur et de la Douane, l’interdiction de l’entrée sur le territoire tunisien des faucons, menace pour l’Outarde Houbara.

“L’Outarde houbara est considérée comme une espèce protégée par les conventions internationales” que la Tunisie a ratifié a-t-il rappelé.

″À chaque mois de décembre, nous recevons des demandes pour la chasse via l’utilisation de faucons et à chaque fois nous avons refusé ces demandes. Depuis que j’ai été nommé ministre de l’Agriculture, je n’ai donné aucune autorisation permettant la chasse via l’utilisation de faucons” a-t-il martelé.

Selon le ministre, la Tunisie compte 14277 chasseurs enregistrés auprès des associations régionales de chasseurs. “Notre pays compte également chaque année près de 500 touristes venant pratiquer la chasse”.

“Nous comptons 255 infractions à la chasse pour lesquels 133 Procès verbaux judiciaires ont été dressés” a-t-il également affirmé.

À la fin du mois de janvier, une grande polémique a secoué l’opinion publique en Tunisie dans laquelle était impliquée une délégation qatarie venue chasser l’outarde houbara en Tunisie.

Intervenant sur France 24, l’écrivain et journaliste qatari, Ali Hili avait affirmé que les qataris s’adonnent à la chasse dans le désert tunisien, avec l’autorisation des autorités tunisiennes. Pire encore. Il a révélé que le Qatar possède, depuis 2008, une réserve protégée dans le désert tunisien où ils pourraient chasser tranquillement en toute légalité.

Cependant ni le ministère de l’Agriculture, ni celui des Domaines de l’État, les deux se renvoyant la balle, n’ont pu confirmer au HuffPost Tunisie la présence d’une telle réserve.

D’après des militants de la protection de l’environnement dans le Sahara, un convoi d’une trentaine de 4X4 accompagné d’un hélicoptère a été vu en train de sillonner les régions du désert de Tozeur, à la poursuite d’animaux, notamment des gazelles, lapins, pterocles et outardes houbaras. 

“Cette fois, ce ne sont pas des Émirs, ce sont des agences de voyages virtuelles, sans patente ni adresse ni agrément qui organisent les campings pour le braconnage des Outardes, des Dorcas et des Rims pour des ressortissants des pays du Golfe” avait indiqué Abdelmajid Dabbar, de l’association Tunisie Ecologie, dans un post publié sur sa page Facebook, en appelant les autorités à agir et à mettre fin à ce scandale, pointant même du doigt l’usage d’un hélicoptère pour la chasse.

 

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