ALGÉRIE
11/04/2018 15h:22 CET

Le ministre de la Santé écarte la révision du caractère obligatoire du service civil

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La tension entre les médecins résidents et le ministère de la Santé ne risque pas de s’apaiser de sitôt. Le premier responsable de ce département, Mokhtar Hasbellaoui, a déclaré mardi à Alger que “la révision du caractère obligatoire du service civil, condition sine qua non des médecins résidents pour cesser leur mouvement de protestation, “n’est pas à l’ordre du jour”. 

Mokhtar Hasbellaoui s’exprimait au terme de la 12e réunion avec les représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). 

Une rencontre à l’issue de laquelle le ministère a promis d’installer ce mercredi une commission mixte afin de faire des propositions sur l’amendement du statut du médecin résident, selon un procès-verbal ayant été partagé par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) sur Facebook.

“Un accord a été donné par le ministre pour ouvrir le dossier de révision du statut du résident. Pour ce faire, il déclare être disposé à installer une commission mixte dès demain (mercredi), chargée de faire des propositions sur l’amendement du statut, à l’exception des dispositions pouvant avoir une incidence financière”, précise le document.

Mokhtar Hasballaoui a expliqué que son ministère est également “favorable à la modulation de la durée du service civil, selon le tableau remis aux représentants des résidents séance tenante”.

Toutefois, il exclut une révision du caractère obligatoire du service civil. “Le service civil est le seul service pouvant garantir une couverture sanitaire globale pour l’ensemble des citoyens”, a-t-il rappelé.

Les médecins résidents revendiquent depuis le début de cette grève, cela fait plusieurs mois, la révision du service civil dans sa forme actuelle. Ils ont maintes fois exprimé leur détermination à poursuivre leur protestation jusqu’à la satisfaction de toutes leurs revendications.

Ils continuent d’ailleurs de boycotter les examens du Diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS). Mercredi matin, les médecins spécialisés en chirurgie thoracique, en neurophysiologie, en immunologie et en génétique clinique ont refusé de passer ces épreuves.

Lors de la dernière réunion du dimanche 01 avril 2018, le ministère de la Santé a émis des propositions à l’égard des résidents en médecine. La proposition la plus notable contenue dans le document est celle de la déduction de la durée du service national de celle du service civil

L’exclusion des membres du corps médical qui ont dépassé l’âge de 30 ans de l’exemption du service militaire, contrairement au reste des citoyens, a été une des principales revendications de la plateforme du CAMRA.

Le ministre de la Santé a également donné son accord pour revoir le statut du résident et “apporter les corrections nécessaires aux insuffisances et incohérences” actuelles.

Ce dernier point, ainsi que l’ouverture du droit à l’installation de laboratoires polyvalents à titre privéaffirme le compte-rendu de la réunion, seront prises en charge dans le nouveau projet de loi relative à la santé. “Le ministre de la Santé s’est engagé à défendre cette question” auprès du parlement.

Toutefois, les résidents en médecine ont rejeté mardi 3 avril les nouvelles propositions du ministère de la Santé et ont décidé de poursuivre la grève, qui dure depuis plus de 5 mois, “jusqu’à la satisfaction de toutes leurs revendications”. 

Ils ont déclaré que des points demeuraient ambigus.