MAROC
14/05/2019 15h:28 CET

Le ministre de la Justice Mohamed Aujjar lance une chasse aux intermédiaires dans les tribunaux

Des caméras et des patrouilles de police pour traquer les arnaqueurs.

FADEL SENNA via Getty Images

TRIBUNAUX - Le fléau ne date pas d’hier. Devant ou dans les tribunaux, ils guettent leurs “proies”, souvent des hommes et des femmes en quête d’information ou d’avocat pour des affaires en cours. Ils leurs font croire qu’ils peuvent les aider, qu’ils connaissent des responsables au sein du tribunal et parfois même qu’ils en font partie. Des arnaqueurs qui se font passer pour des intermédiaires et finissent par s’évanouir dans la nature dès qu’ils ont plumé la victime.

Sur ce fléau, le ministre de la Justice, Mohamed Aujar, a été interpellé hier à la Chambre des représentants, au cours de la séance publique des questions orales. Pour lui, des mesures préventives devront y mettre un terme et surtout permettre de punir ces délits conformément à la loi. Que compte faire au juste le ministère de la Justice? Aujjar explique que des caméras de surveillance placées dans le hall du tribunal, devant ses différentes portes d’accès et dans les alentours de tout établissement du genre permettront désormais de “détecter tout comportement suspect”.

Autre mesure: le ministre annonce le renforcement sécuritaire par la multiplication des agents en charge et la mise en place de patrouilles de police à pied dans les tribunaux dans le même objectif. En parallèle, l’accès aux tribunaux sera également soumis à des critères. Décliner son identité et les raisons justifiant l’accès sont nécessaires car ces informations seront enregistrées à l’entrée d’une façon systématique et toute personne qui accède à l’enceinte du tribunal sera munie du badge “visiteur”, a-t-il souligné dans sa réponse. Les fonctionnaires doivent eux aussi porter des badges professionnels pour “se démarquer du reste”. 

Les tribunaux auront à redoubler d’effort pour éviter aux citoyens des arnaques en mettant à leur disposition des bureaux d’accueil et d’orientation devant leur permettre de se retrouver plus facilement. Et pour limiter l’accès aux halls, les tribunaux sont tous appelés à disposer d’un bureau externe pour assurer différents services juridiques.

Aujjar a tenu, à l’occasion, à rappeler que l’escroquerie et l’usurpation de fonction font l’objet de sanctions alourdies dans le projet de loi du code pénal soumis, actuellement, à la commission de justice de la Chambre des représentants. Il prévoit, pour l’escroquerie, une amende de 5.000 à 50.000 dirhams au lieu de 500 à 5.000 dirhams et, pour le second délit, de 2.000 à 20.000 dirhams à la place de 200 à 5.000 dirhams dans l’actuel code. Et ces amendes doubleront, met en garde le ministre, si l’escroquerie fait plusieurs victimes.