ALGÉRIE
22/10/2019 11h:37 CET

Le ministre de l’Intérieur à propos des lieux culte fermés : "il s’agit de garage pour l’élevage de volaille et d’étables"

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Salaheddine Dahmoune, ministre de l’Intérieur

Salaheddine Dahmoune, ministre de l’Intérieur, a qualifié d’étables, les lieux de culte chrétien, fermés récemment en Kabylie. “Il s’agit de garage pour l’élevage de volaille et d’étables”, a-t-il déclaré lundi 21 octobre, en marge d’une visite à Khenchela.

Il est revenu sur la décision des autorités de fermer 12 églises évangéliques à Béjaia et à Tizi Ouzou. “Il faut mettre les points sur les i. On parle d’églises alors qu’elles ne le sont pas. La presse évoque la fermeture d’églises alors que c’est faux. Nous n’avons fermé aucune église. Il s’agit plutôt de locaux, de garages et d’étables. Certains locaux sont anarchiques construits pour en faire des lieux de culte”, a-t-il appuyé.

Il a rappelé que la Constitution algérienne reconnait la liberté d’exercice du culte qui est, selon l’article 42, garantie dans le respect de la loi. “L’Algérie, avec ses lois et ses institutions, travaillent pour protéger toutes les religions mais dans le respect des lois de la République. Comme vous savez, construire ce genre d’espaces pour exercer un culte obéit à une réglementation spécifique et à la nécessité d’avoir une autorisation et un agrément. Cela est valable même pour les mosquées. Le Conseil national du culte doit donner à chaque fois son accord”, a précisé Salaheddine Dahmoune.

Des fonds “d’origine douteuse”

Selon lui, il existe 49 lieux de culte illégaux au niveau de Tizi Ouzou, Béjaïa et Oran. “Même les fonds qu’ils reçoivent sont d’origine douteuse. On ne sait pas d’où ils proviennent. Les activités qui s’y déroulent sont douteuses aussi. Les lois de la Républiques seront appliquées. Les services du ministère de l’Intérieur ont convoqué les responsables de ces lieux pour les informer de toutes les réserves. Malgré cela, ils ont passé outre l’application de la loi et persisté dans leurs activités. Nous n’avions pas d’autres choix que d’appliquer ce que prévoit la loi en fermant ces locaux. J’appelle tous les journalistes à s’approcher de ces personnes pour vérifier si elles ont obtenu des autorisations ou des agréments. Ils n’ont même pas de permis de construire alors que cela est nécessaire pour la sécurité des gens qui peuvent fréquenter ces lieux. Donc, même les procédures de sûreté n’ont pas été respectées. Si ces personnes persistent à ne pas respecter la loi, la justice suivra son cours”, a-t-il menacé avant d’ajouter : “je dis à ceux qui brandissent la question des droits humains, à l’intérieur et à l’extérieur, que l’Algérie ne persécutera personne et qu’elle ne touchera pas à la liberté du culte. Preuve en est : l’Etat algérien a réhabilité les églises catholiques. Cela fait partie des responsabilités des pouvoirs publics lors que les lois de la République sont respectées”. Le ministre a annoncé que des habitants de Tizi Ouzou se sont plaints au ministère de l’intérieur de ces “agissements douteux et illégaux”.

“Ce qui est illicite chez eux, ne peut pas être licite chez nous”

“La wilaya de Tizi Ouzou compte le plus grand nombre de mosquées dans le pays. Il n’y a donc aucun complexe par rapport aux cultes. Nous sommes musulmans et nous respectons toutes les autres religions mais dans le cadre de la loi. Un algérien peut-il construire une mosquée dans un pays arabe, islamique ou européen, sans avoir d’autorisation ou d’agrément ? Ce qui est illicite chez eux, ne peut pas être licite chez nous. Je demande à ces gens-là de faire preuve de sagesse et de se rapprocher du Conseil national du culte en présentant leurs documents pour avoir des autorisations et célébrer la naissance de lieux de culte sans aucune restriction”, a plaidé Salaheddine Dahmoune.

L’Eglise protestante d’Algérie a dénoncé, le 16 octobre dernier, dans un communiqué signé par son président Salah Challa, la fermeture d’une douzaine d’églises, “sans décision de justice”. “Une fois encore, les chrétiens d’Algérie sont la cible de tracasseries officielles, aussi illégales qu’injustifiées(…) L’Eglise protestante d’Algérie appelle les autorités à annuler cette décision arbitraire, qui risque de porter atteinte à la cohésion nationale”, est-il mentionné dans le communiqué.