TUNISIE
30/10/2018 12h:05 CET

Le ministère des Affaires étrangères rappelle diplomatiquement à l'ordre Rached Ghannouchi après ses propos sur l'Arabie Saoudite

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères rappelle que le président de la République est l’unique responsable de la politique étrangère du pays.

Muhammad Hamed / Reuters

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu’en vertu de la Constitution de 2014 de la République tunisienne, le président de la République est l’unique responsable de la politique étrangère du pays, dont la mise en œuvre relève du ministère des Affaires étrangères.   

Dans un communiqué rendu public lundi, le ministère a affirmé que les constantes de la politique étrangère tunisienne “reposent sur la préservation de la souveraineté nationale, la défense des intérêts suprêmes de notre pays, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et l’éloignement de la Tunisie de la politique des axes et de l’alignement”.

 

Le ministère des affaires étrangères a également réaffirmé les relations séculaires entre la Tunisie et le Royaume d’Arabie saoudite et son souci de les développer dans l’intérêt des deux peuples frères.

Au sujet de la position de la Tunisie dans l’affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le ministère a rappelé qu’il avait réaffirmé le 22 octobre la condamnation par la Tunisie du meurtre du journaliste et son souci de connaître les circonstances de sa disparition. Il a appelé toutefois à ne pas exploiter cet incident pour cibler la stabilité et la sécurité du Royaume. Il a également exprimé “la confiance de la Tunisie quant aux investigations ordonnées par le Serviteur des Deux Saintes Mosquées pour révéler toute la vérité sur les circonstances et les péripéties de cet incident”.

Le président du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi avait déclaré dans un discours adressé aux participants au symposium annuel de son parti tenu à Hammamet le week-end dernier que “les travaux du symposium se déroulait dans des climats similaires à de nombreux aspects au climat déclenché par la scène tragique de la mort de Bouazizi brulé vif et de ce qu’il a déclenché dans la région et le monde comme sympathie et ressentiment contre sa condition tragique, une situation similaire au séisme provoqué par l’assassinat barbare du journaliste Jamal Khashoggi ”. 

“Il (l’assassinat) a réveillé la conscience humaine qui rejette la logique des intérêts régnant entre les pays et qui veut absolument connaître toute la vérité”, a-t-il affirmé.

Après le discours, le mouvement de Nidaa Tounes a accusé le parti Ennahdha de s’immiscer dans les relations extérieures de la Tunisie, ce qui a incité ce dernier à publier lundi une déclaration confirmant son attachement à la politique officielle menée par le président Béji Caid Essebsi, son souci de consolider les relations de fraternité et de coopération avec le royaume de l’Arabie Saoudite et sa grande satisfaction pour le soutien continu de l’Arabie Saoudite à la Tunisie, selon un communiqué.

De son côté, Ennahdha a souligné qu’il tenait à “la sécurité de l’Arabie saoudite”, notant que le président du mouvement, Rached Ghannouchi, “n’a mentionné aucun nom et aucun pays” dans son discours lors du deuxième forum annuel du mouvement. 

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