MAROC
27/03/2019 12h:56 CET

Le ministère de l'Intérieur réagit à la répression de la manifestation des enseignants contractuels

Cette intervention "respectait toutes les dispositions juridiques loin des images fabriquées véhiculées sur les réseaux sociaux".

Youssef Boudlal / Reuters
Des enseignants manifestent pour de meilleures conditions de travail à Rabat, au Maroc, le 24 mars 2019.

MANIFESTATION - Ce week-end, près de 15.000 enseignants contractuels sont descendus dans les rues de Rabat pour dénoncer leurs conditions de travail. Dans la nuit de samedi à dimanche, certains d’entre eux ont décidé de camper devant le Parlement pour marquer le coup, 54 ans après une manifestation étudiante qui s’était terminée par un bain de sang à Casablanca. Après des tentatives de négociation, la police a utilisé matraques et canons à eau pour disperser les manifestants.

Plus de trois jours après, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué pour justifier cette intervention. Il a affirmé qu’il fera face “avec fermeté” à toutes les pratiques qui violent la loi et menacent la sécurité et l’ordre publics, assurant que l’intervention des forces publiques pour disperser le sit-in “respectait toutes les dispositions juridiques loin des images fabriquées véhiculées sur les réseaux sociaux”, rapporte la MAP.

Bien que le gouvernement ait réagi de manière “positive” aux différentes revendications exprimées par les cadres des académies, ajoute le communiqué, il a été constaté que ces derniers persistaient dans leur logique du rejet en augmentant le rythme des actions de protestation, de manière disproportionnée par rapport aux réponses apportées par le gouvernement.

Face à cette situation, le gouvernement a été contraint de prendre la décision d’interdire certains agissements attentatoires aux fondements de l’ordre public et qui ne reposent sur aucune base juridique valable, en l’occurrence la tenue d’un sit-in nocturne sur la voie publique, précise la même source.

Le ministère rappelle que l’autorité locale et les forces de sécurité ont mené un dialogue direct avec les concernés. “Ainsi, l’autorité locale a proposé que la wilaya de la région mette à leur disposition 50 autocars pour assurer leur transport jusqu’à leurs villes respectives, avec possibilité d’aménager un espace d’hébergement, mais ces offres ont été rejetées par les manifestants qui étaient déterminés à passer la nuit sur la voie publique”.

Au terme du dialogue et des mises en garde légales, les forces publiques ont décidé de mettre fin au sit-in par l’utilisation des canons à eau et la dispersion des manifestants, dont certains se sont entêtés dans leurs pratiques d’incitation et de provocation des forces publiques, à travers des jets de pierres et de bouteilles, blessant 21 policiers et 5 éléments des forces auxiliaires, conclut le communiqué.

Ce 25 mars, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi, a tenu une réunion avec les secrétaires généraux des 5 syndicats de l’enseignement (FDT, CDT, UMT, UGTM, FNE). Ces derniers, qui n’ont pas été convaincus, ont appelé à 3 nouveaux jours de grève générale les 26, 27 et 28 mars dans toutes les régions à travers des marches et des sit-in.