ALGÉRIE
08/05/2019 14h:01 CET

Le ministère de l'Intérieur dément la délivrance d'un "certificat de pauvreté" !

Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a formellement démenti la délivrance, par une commune à Béjaïa, d’un “certificat de pauvreté”, ou d’indigence au profit des bénéficiaires des allocations financières octroyées dans le cadre de l’opération de solidarité à l’occasion du mois de ramadhan.

Dans un communiqué publié mardi 07 mai 2019 sur son site Internet, le ministère est allé encore plus loin, en affirmant que “tous les services d’Etat civil au niveau de toutes les communes du pays ne disposent ni délivrent un tel document”.

Une image d’un “certificat de pauvreté” délivré le 06 mai par l’APC de Béjaïa, relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une polémique chez les Algériens. Différentes pages ont fait croire que ce document est exigé aux citoyens démunis afin de bénéficier de l’allocation financière octroyée en substitution au couffin de ramadhan, dans le cadre de l’opération de solidarité à l’occasion de ce mois sacré. 

De quoi choquer les internautes, qui ont pointé du doigt une démarche “humiliante”, qui “porte atteinte à la dignité et au respect” des personnes pauvres.

Soucieux de mettre fin à cette polémique, les services de communication du ministère de l’Intérieur ont vite réagi. La tutelle a d’abord démenti “la délivrance par la commune de Béjaïa de ce document, portant le nom d’“attestation de pauvreté” à l’endroit des bénéficiaires des allocations financières. Le même communiqué affirme qu’aucune commune à travers “ne délivre ce document”.

Mensonge ?

S’agit-il d’un mensonge ? L’adjoint au maire de l’APC concernée, Youssef Kadri a affirmé dans une déclaration à la chaîne de télévision privée Dzair TV que son service d’état civil a bel et bien délivré ce document lundi 06 mai 2019. “Et ce n’est pas la première fois”. 

M. Kadri a expliqué que ce document “n’a rien avoir avec le couffin de ramadan ni avec le logement social”. Il s’agit plutôt d’un document établi sur demande du concerné, destiné à une demande d’aide d’ordre judiciaire.

A titre d’exemple, l’article 603 du code de procédure pénale, édité en 2018, “stipule que l’exécution de la contrainte par corps (en cas de non paiement de condamnations pécuniaires) est suspendue au profit du condamné qui justifie, par tout moyen, auprès du parquet, son insolvabilité”. Dans de précédentes éditions, le même article évoquait un “certificat d’indigence”, délivré par le Président de l’assemblée populaire communale, comme moyen de justifier son insolvabilité.

Selon M. Kadri, ce document permet également à un citoyen sans ressource de constituer un avocat.

Des internautes ne manquent pas de citer cet article sur la page officielle du ministère de l’Intérieur, qui a affirmé dans son communiqué “qu’aucune commune ne délivre ni détient” ce document.