TUNISIE
28/12/2018 16h:13 CET | Actualisé 28/12/2018 16h:18 CET

Le ministère de l'Enseignement supérieur réagit au rapport de la Cour des Comptes

Le ministère s’est dit “loin d’être embarrassé par ce rapport”.

Facebook / Slim Khalbous

Suite au rapport de la Cour des comptes citant des infractions constatées dans le secteur de l’Enseignement Supérieur privé, et qui ont été relayées récemment par certains sites électroniques, le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a tenu, vendredi, à apporter des précisions sur ce sujet.

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a pris l’initiative, il y a plus d’un an, de solliciter la Cour des comptes dans le but de faire appel à ses ressources et à son expertise en matière d’inspection et de contrôle administratifs, a précisé le ministère dans un communiqué dont une copie est parvenue vendredi à la TAP.

“Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme de la gouvernance administrative, considérée comme “la clé de voûte” de la réforme globale du système universitaire dont la mise en œuvre a été entamée en 2017″, a souligné le ministère.

“Cette démarche délibérée émane également de la pleine conscience de l’équipe ministérielle quant à l’existence d’irrégularités dans les pratiques de certains établissements universitaires privés et qui ne peuvent être révélées de manière exhaustive dans un court laps de temps”, a-t-il ajoute.

En effet, les ressources humaines et matérielles dont dispose le ministère en matière d’inspection et de contrôle sont relativement limitées compte tenu du nombre très élevé d’établissements d’enseignement supérieur (publics et privés), de recherche scientifique et d’œuvres universitaires qui sont sous sa tutelle, ou sa cotutelle (plus de 500 entités réparties sur toute la République), selon la même source.

Par ailleurs, le ministère a fait remarquer que le rapport de la Cour des comptes couvre une période antérieure à la prise de fonction de l’équipe ministérielle actuelle (2011-2016).

D’autre part, le ministère, qui s’est dit “loin d’être embarrassé par ce rapport”, a tenu à saluer “l’excellent” travail d’investigation de la Cour des comptes qui sera d’un précieux secours à ses responsables afin qu’ils prennent les mesures correctives nécessaires à la lumière des dysfonctionnements qu’il a révélé.

Le Ministère a tenu, à rappeler, qu’il a déjà ordonné plusieurs missions d’inspection concernant des établissements universitaires privés (dont certaines sont en cours) et qu’il a déjà ordonné, il y a plusieurs mois, la fermeture d’une institution à la lumière d’un rapport d’inspection accablant. Et cela bien avant d’avoir pris connaissance du rapport de la Cour des comptes.

Cour des Comptes, INLUCC, tous tirent la sonnette d’alarme

Le rapport de la Cour des comptes a provoqué un tollé général, soulevant de sérieuses questions quant à la propagation de la corruption dans les institutions de l’Etat. Il a ainsi pointé du doigt de nombreux dysfonctionnements dont certains se présentent très graves.

Le transporteur aérien national, Tunisair, a été le premier à réagir au rapport de la Cour des Comptes, lequel a dénoncé de nombreuses défaillances qui auraient pu conduire à des pertes humaines, affirmant que certains avions ont pu voler avec un nombre de 5 problèmes techniques.

Tunisair a alors expliqué que ces dénommées “pannes” constituent en réalité des dysfonctionnements mineurs qui ne représentent aucun danger pour le vol, indiquant que le constructeur autorise dans ses procédures le décollage d’avions comportant ces problèmes techniques.

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Selon Tunisair, ses avions sont également soumis à des contrôles de la part des autorités aéroportuaires de pays européens, et qu’il est donc impossible qu’un avion soit autorisé à décoller avec une panne sérieuse.

Après ce rapport, il a été au tour de l’Instance nationale de Lutte contre la corruption (INLUCC) de publier également un rapport alarmant au même sujet.

Dans son point de presse à l’issue de la présentation du rapport, le président de l’Instance, Chawki Tabib, a dénoncé l’absence de collaboration du ministère de la Justice avec l’instance. “Il s’agit du seul ministère qui n’a toujours pas signé l’accord de collaboration avec l’INLUCC” a-t-il déploré.

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