MAROC
19/05/2018 20h:15 CET | Actualisé 28/05/2018 13h:27 CET

Le ministère de l'Emploi dément les accusations d'agressions sexuelles envers des ouvrières marocaines en Espagne

"Aucun cas spécifique d’abus ou de violation à l’encontre des ouvrières marocaines n’a été constaté."

ABDELHAK SENNA via Getty Images

SOCIÉTÉ - Après une visite de terrain effectuée le 10 et 11 mai par une délégation maroco-espagnole, le ministère l’Emploi et de l’Insertion professionnelle a confirmé samedi 19 mai dans un communiqué rapporté par la MAP “qu’aucune violation à l’égard des ouvrières marocaines travaillant dans les exploitations agricoles de fruits rouges espagnoles n’a été enregistrée”.

Le ministère dément ainsi les propos tenus par une trentaine de femmes interrogées par deux journalistes de la version allemande du site BuzzFeed News. Le site d’information avait publié, le 30 avril dernier, une enquête sur les conditions de travail des femmes marocaines dans la commune de la Huelva, dans le sud de l’Espagne.

Si je ne fais pas ce qu’il dit, il me tuerait”, avait déclaré à BuzzFeed News Kalima (le prénom a été modifié), une travailleuse marocaine en Espagne, qui rapporte avoir été violée et frappée à plusieurs reprises par son superviseur en mars et avril 2017, avant qu’elle soit emmenée à un refuge pour femmes dans la Huelva.

Pourtant, lors de la visite de prospection de trois entreprises opérant dans la filière des fruits rouges et de la fraise en Espagne, “aucun cas spécifique d’abus ou de violation à l’encontre des ouvrières marocaines n’a été constaté, ni à l’égard de leurs collègues dans les autres exploitations”, assure un communiqué du département de Mohamed Yatim, ajoutant que la visite de la délégation maroco-espagnole a également été effectuée dans les usines de conditionnement des produits agricoles et dans les logements des ouvrières.

La délégation était composée, côté marocain, de représentants du ministère de l’emploi, de l’agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) et du consulat général du Maroc à Séville, et côté espagnol, de représentants du ministère de l’emploi en Espagne et de l’ambassade d’Espagne à Rabat. La délégation officielle marocaine a été reçue par le représentant du gouvernement de la province de Huelva.

D’après le ministère, aucune plainte ne serait parvenue aux services consulaires marocains dans la province de Séville. Un point également relevé par BuzzFeed News qui avait expliqué que la plupart de ces femmes ne parlaient pas espagnol et sont isolées sur les terres agricoles. “Signaler leur abus aux autorités est presque impossible”, avait écrit le site.

ABDELHAK SENNA via Getty Images

Les horaires de travail seraient également respectés selon le ministère. Les ouvrières doivent travailler 39 heures par semaine, avec un maximum de 9 heures supplémentaires. 

Les entreprises qui demandent cette main-d’oeuvre marocaine, envoyée chaque année pendant trois mois pour récolter les fruits, sont également tenues de respecter le cahier des charges fixé par les autorités espagnoles, indique le ministère.

Des rapports sont d’ailleurs attendus pour informer des conditions de logement des ouvrières après des visites de terrain bientôt effectuées par l’inspection du travail conformément au Code du travail espagnol.

En 2018, les autorités espagnoles ont délivré des permis de travail au profit de 15.134 ouvrières, un nombre qui n’a pas été atteint depuis l’entrée en vigueur de l’accord de main-d’œuvre passé entre le Maroc et l’Espagne en 2001.

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