MAROC
12/06/2018 14h:47 CET

"Le Message" sera le premier film arabe projeté en Arabie saoudite (et il a été en partie tourné au Maroc)

Plus de 40 ans après la sortie de ce long-métrage devenu culte.

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CINÉMA - Quelques semaines après le retour des salles de cinéma en Arabie saoudite, le royaume se prépare à diffuser son premier film arabe. Le choix de ce dernier s’est porté sur “Le Message”, film culte du réalisateur americano-syrien Moustapha Akkad. Restauré en version 4K, le film avait déjà été présenté en décembre dernier au festival du film de Dubaï.

Espérant une sortie en salle dans les pays musulmans, les ayants droits du long-métrage, dont le producteur Malek Akkad, fils du réalisateur, ont saisi les conseils de censure de plusieurs pays pour éviter toute mauvaise surprise et comptent sur une sortie pour les vacances de l’Aïd. Comme le rapporte The Hollywood reporter, les producteurs du film “ont adressé la question aux comités de censure de pays comme ceux du Conseil de coopération du Golfe, l’Égypte, le Maroc, l’Irak, le Liban ou encore l’Ethiopie. Seul le Koweit a banni le film”. Cependant, comme l’explique le journal américain, l’autorisation émise par l’Arabie Saoudite pourrait mener à un changement de position de son allié koweiti. 

Dans un communiqué, publié par la même source, le fils du réalisateur a tenu à exprimer sa reconnaissance: ”Mon père Moustapha n’a pas eu la chance de voir son film diffusé dans les cinéma de son vivant, mais je sais qu’il aurait été très fier. C’est un hommage à mon père. Il voulait partager son amour de cette culture et une importante leçon de l’islam et “Le message” avec le monde. Maintenant, à une époque où le monde en a besoin, son rêve est en train de devenir réalité”.

Moustapha Akkad est mort en 2005 à Amman dans une attaque terroriste visant l’hôtel dans lequel ce dernier séjournait avec sa fille, également tuée dans l’attaque. Le producteur est également un des pères de la franchise d’horreur “Halloween”, depuis reprise par son fils.

Une production et sortie en salles laborieuse

Comme le rappelle le journal américain Variety, ce film a souvent été au centre de controverses dans le monde arabe. D’abord soutenu par le régime saoudien, ce dernier finira par le renier, sous l’influence du clergé conservateur qui s’impose dans ce pays à la fin des années 70. Une vague conservatrice qui mènera d’ailleurs à l’interdiction des salles de cinéma dans le royaume.

La production se randra alors au Maroc pour tourner les scènes sensées représenter Medine et la Mecque, mais devra une nouvelle fois quitter le royaume pour se rendre finalement en Libye, suite aux pressions de mouvements religieux dans le pays rapporte le journal émirati The National.

À sa sortie aux Etats-Unis, la polémique continue autour du film. Comme le rappelle le Hollywood Reporter, la diffusion du “Message” dans ce pays a menée à une prise d’otage dans un bâtiment à Washington fomenté par The Nation of Islam, dont les membres pensaient qu’Anthony Quinn incarnait le prophète Mohammed. En réalité, le prophète n’apparait jamais à l’écran. 

Plus de 40 ans après sa sortie, le long-métrage depuis devenu culte dans de nombreux pays arabo-musulmans sera à nouveau disponible en salles, grâce à la ténacité du fils du réalisateur, Malek Akkad.