MAROC
29/08/2018 12h:50 CET

Dans une vidéo virale, le "médecin des pauvres" dénonce à nouveau les dysfonctionnements de l'hôpital de Tiznit

Et en appelle à cor et à cri à l'intervention des responsables

SOCIÉTÉ - Malgré une amende de 30.000 dirhams, Mehdi Echafî, dit “le médecin des pauvres”, dénonce à nouveau, sur Facebook, le comportement du directeur de l’hôpital Hassan 1er à Tiznit.

Dans une vidéo virale publiée le 28 août qui, en moins de 24 heures, a dépassé les 330.000 vues, Mehdi Echafî raconte, déconcerté et manifestement furieux, son premier contact avec le directeur après son retour de congés.

“Nous sommes venus après notre congé travailler et faire notre devoir, mais puisque les autorités n’ont pris aucune mesure à l’encontre du directeur de l’hôpital, ce dernier est venu se moquer de moi de façon indirecte, ne me laissant pas m’acquitter de mes tâches”, vocifère le chirurgien pédiatrique, se filmant depuis la salle des opérations de l’hôpital.

Le médecin en appelle ensuite dans la vidéo les responsables du secteur, notamment ceux au ministère de la Santé, et de la direction régionale de la santé, qui “doivent venir pour cela, pour régler ces dysfonctionnements”, invoque-t-il, dénonçant que ces “dysfonctionnements” demeurent au sein de l’hôpital. 

Selon Echafî, le directeur de l’hôpital s’en serait également pris à l’infirmier qui travaille avec lui. “Alors que nous étions en train de faire notre travail, le directeur a adressé une lettre explicative, un avertissement à l’infirmier [...]”, relate Echafî, qualifiant ce comportement d’“abus de pouvoir” en plein acte chirurgical.

“Nous avons encore des opérations à faire et ils nous laissent trembler comme ça”, s’indigne le médecin en brandissant sa main tremblante. “Où sont les responsables? Jusqu’à quand cela va-t-il durer? Jusqu’à ce que quelqu’un meurt ici?”, demande-t-il alors que l’on entend à ses côtés les pleurs d’un bébé, réclamant c

Pour rappel, Mehdi Echafî qui exerce depuis plus d’un an à l’hôpital de Tiznit, avait dénoncé dans plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux et dans les médias les pratiques malhonnêtes au sein de l’hôpital notamment “un état des lieux déplorable de la santé au Maroc” et plusieurs cas de corruption. Des propos qui ont poussé le directeur de l’hôpital à le poursuivre en justice. 

La justice avait finalement tranché, le 6 août dernier, contre le chirurgien en le condamnant à une amende de 30.000 dirhams pour “insulte et injure” à l’encontre de son supérieur hiérarchique.