MAROC
04/10/2018 13h:04 CET

Le Maroc demande l'implication "permanente" de l'UE pour lutter contre l'immigration clandestine

“Le dispositif côtier est très coûteux et sous pression".

Smith Collection/Gado via Getty Images

IMMIGRATION - Le Maroc, dont le dispositif de lutte contre l’immigration clandestine commence à être “dépassé” par la vague d’embarcations de migrants illégaux quittant ses côtes, demande une implication “permanente et durable” de l’UE dans le contrôle et la surveillance des frontières, a indiqué à l’agence espagnole EFE Khalid Zerouali, directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur.

Selon les chiffres donnés à EFE, le gouvernement marocain dispose de 13.000 agents de sécurité déployés le long des côtes (méditerranéenne et atlantique) au nord du pays, coûtant “plus de 200 millions d’euros par an”.

“Le dispositif côtier est très coûteux et sous pression. (...) Nous avons pris notre responsabilité de manière unilatérale, mais notre dispositif commence à être dépassé”, a indiqué Khalid Zerouali, en raison notamment du déplacement des routes migratoires vers la Méditerranée occidentale.

La collaboration avec les voisins du nord est positive, mais doit être réajustée à l’urgence de la situation”, a-t-il ajouté, estimant que le partenariat politique que le Maroc a avec l’UE “doit intégrer le contrôle des frontières comme un élément durable et non comme une aide ponctuelle”. “Nous avons des besoins matériels, d’équipements et budgétaires, le dernier étant le plus important: nous devons injecter plus de moyens”, a-t-il résumé sans donner de chiffres.

AFP Contributor via Getty Images
Un membre de la Guardia civil espagnole discute avec quelques uns des 143 Marocains et 9 Subsahariens secourus dans les eaux du détroit de Gibraltar par les équipes de sauvetage espagnoles, dans le port de Tarifa, le 24 juin 2017.

Le Maroc, qui a démantelé 60 réseaux de trafiquants d’êtres humains entre août et septembre et mis en échec 64.000 tentatives d’émigration clandestine en 2017 (un chiffre qui devrait être le même en 2018 selon EFE), fait face ces derniers mois à une recrudescence du nombre de migrants tentant de traverser la Méditerranée.

L’apparition de “go-fast” (bateaux rapides traditionnellement utilisées par les trafiquants de drogue) pour transporter des migrants inquiète le responsable du ministère de l’Intérieur. Selon lui, les trafiquants de drogue semblent en effet avoir changé de modus operandi en mettant leurs bateaux au service de la traite des êtres humains.

Enfin, concernant la récente vague de migrants subsahariens appréhendés par la police marocaine dans le nord et déplacés vers le sud du pays, Khalid Zerouali explique qu’il s’agit d’un “moyen de dissuasion”. “Nous ne pouvons pas leur permettre de vivre dans les forêts exposés aux dangers ou d’être entassés dans des appartements à Tanger”, estime-t-il, soulignant que seuls les passeurs sont arrêtés.