MAROC
25/02/2019 18h:06 CET

Le Maroc a pris part aux travaux de la première Commission climat pour la région Sahel à Niamey

Les chefs d'État et de gouvernement de 17 pays se sont réunis pour examiner un "plan d'investissement climatique" de 400 milliards de dollars.

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INTERNATIONAL - Les travaux du premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission climat pour la région du Sahel se sont ouverts, lundi à Niamey, avec la participation d’une importante délégation marocaine conduite par le chef de la diplomatie du royaume, Nasser Bourita. 

La séance d’ouverture a été marquée par le discours adressé par le Mohammed VI aux participants à cette première conférence au Sommet, dont lecture a été faite par le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Dans cette missive, le souverain a annoncé l’engagement du Maroc à prendre en charge les études de faisabilité pour finaliser le Plan d’Investissement Climatique pour la région Sahel. Il a également souligné l’importance du lancement du Plan d’Investissement Climat pour la région Sahel et de son Programme Régional Prioritaire qui complétera les projets “d’ores et déjà en cours”.

Une urgence incontestable

La Commission pourra s’appuyer sur le Centre de Compétences Changement Climatique du Maroc (4C Maroc), notamment “en matière de renforcement des capacités de ses membres”, a tenu à préciser le roi.

Intervenant à cette occasion, le président nigérien Mahamadou Issoufou, à la tête de la Commission, a souligné que la tenue de cette conférence “marque la détermination exprimée par les Etats sahéliens lors des COP21 et 22, respectivement à Paris et à Marrakech”, de même qu’elle s’inscrit dans la continuité du Sommet africain de l’action tenu au Maroc du roi Mohammed VI. 

Pour le chef d’État nigérien, la région “est de plus en plus fragilisée par les effets des changements climatiques qui donnent lieu à plusieurs phénomènes affectant l’écosystème et frappant de plein fouet les conditions de vie des populations”. Il a alors appelé à conjuguer les efforts de tous pour apporter les réponses appropriées à ces problématiques, soulignant la nécessité d’une implication renforcée des partenaires internationaux.

Le chef de l’État nigérien a conclu son intervention en remerciant le roi “pour ses multiples actions en faveur du climat, notamment le lancement de la Commission climat pour le Sahel” précise la MAP. Une reconnaissance également “renouvelée” par le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. 

Face aux représentants diplomatiques, ce dernier s’est réjouit des progrès accomplis sur le plan institutionnel dans différentes régions, de la côte atlantique du Sénégal jusqu’aux rivages de la mer rouge à Djibouti, soulignant toutefois “l’urgence incontestable” de la question du financement des projets climatiques et de développement durable. 

“L’Afrique n’est pas responsable du réchauffement climatique”

Le ministre d’Etat français de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a pris part au sommet et salué “cette entreprise collective” lancée à Marrakech lors de la COP22. “La clairvoyance de SM le Roi Mohammed VI, la volonté politique du président du Niger et la motivation et l’engagement de tous, nous valent d’être rassemblés aujourd’hui pour envoyer un signal fort à la communauté internationale que les dirigeants africains montrent encore une fois leur volonté de prendre en main ensemble leur destin et de prendre toute leur part dans le destin du Monde en lien avec les dérèglements climatiques”, a-t-il ajouté.

“La France se tient aux côtés des Etats africains pour relever ensemble les défis inhérents aux changements climatiques et juguler leur impact”, a poursuivi le ministre français en insistant sur la nécessité de reconnaitre que “l’Afrique n’est pas responsable des dérèglements climatiques. L’Europe, l’Amérique et l’Asie sont les premiers responsables qui doivent mener une action urgente pour lutter contre les effets des changements climatiques”.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de 17 pays du Sahel réunis à Niamey devront notamment examiner un “plan d’investissement climatique” de 400 milliards de dollars sur la période (2018-2030) pour faire face aux effets des dérèglements climatiques.

Une table ronde des bailleurs de fonds est également prévue, mardi, pour mobiliser les fonds nécessaires au financement de ce plan d’investissement faramineux. Plusieurs personnalités ont pris part à la cérémonie d’ouverture, notamment les présidents de la Guinée Conakry Alpha Condé, du Tchad Idriss Déby Itno et du Burkina Roch Marc Christian Kaboré. La délégation marocaine, conduite par Nasser Bourita, comprend notamment le ministre délégué chargé de la Coopération africaine, Mohcine Jazouli, et la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi.