MAROC
08/07/2019 17h:18 CET

Le Maroc a mis en échec plus de 40.000 tentatives d'émigration irrégulière depuis janvier

Un des axes de négociation avec le royaume concerne les Marocains en situation irrégulière. En contrepartie, l’Europe promet d’accélérer la délivrance de visas.

ASSOCIATED PRESS

IMMIGRATION - Le wali, directeur de la migration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur, Khalid Zerouali, a indiqué ce lundi 8 juillet dans une interview accordée au journal espagnol El País que les autorités marocaines ont réussi à avorter quelque 40.300 tentatives d’émigration irrégulière depuis le début de l’année jusqu’à aujourd’hui, précisant que ce chiffre représente une hausse de 25% par rapport à la même période de 2018. 

“Notre contrôle des frontières a contribué à atténuer la pression migratoire, mais nous devons continuer à renforcer ce dispositif”, a affirmé le responsable marocain au quotidien espagnol, en marge de sa participation à la réunion sur “la coopération entre les pays d’origine, de transit et de destination dans le domaine de la gestion des flux migratoires”, co-présidée par le Maroc et l’Espagne à Madrid. 

“Il est vrai que du côté espagnol on sent que la pression migratoire a baissé, mais de notre côté, elle ne cesse d’augmenter”, a insisté Khalid Zerouali, précisant que les 140 millions d’euros que la commission européenne a transférés sont insuffisants et rappelant que les négociations marocaines avec Bruxelles vont au-delà de l’argent.

Lors de la visite à Rabat en juin dernier, le ministre espagnol des Affaires Étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Josep Borrell, avait exhorté l’Union européenne à augmenter le soutien financier promis au Maroc. “Le Maroc a fait sa part, l’Union européenne doit faire la sienne”, avait alors affirmé le ministre espagnol.

Un des axes de travail initiés avec le Maroc est la réintégration de ses ressortissants en situation irrégulière. En contrepartie, l’Europe promet d’accélérer la délivrance de visas aux Marocains, précise le journal ibérique.

50 réseaux de passeurs opérant aux niveaux local et international ont également été démantelés jusqu’à présent, soit 63% de plus qu’en 2018, rappelait à l’agence de presse Reuters Khalid Zerouali, en mai dernier.

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“Le Maroc assume pleinement ses responsabilités dans ses eaux territoriales. Le débat devrait porter sur la lutte contre les trafiquants, car ce sont eux qui mettent en danger la vie des immigrés”, souligne Khalid Zerouali à El Pais, notant que “le Maroc est sous pression” et la “pression exercée par les forces de sécurité dans le nord ouvre de nouveaux fronts plus au sud”.

“Les réseaux sont devenus sophistiqués. Maintenant, les candidats à l’immigration clandestine essaient de prendre le départ depuis Casablanca. Il y a également des tentatives de gagner les îles Canaries depuis les côtes situées entre Agadir et Dakhla”, conclut le responsable marocain, à la tête de la direction de la migration et de la surveillance des frontières depuis plus de dix ans.