TUNISIE
04/09/2018 14h:24 CET

Le mariage "d'union nationale" de Bendirman

À un an de la prochaine échéance présidentielle, il y avait à La Marsa comme un petit air de campagne politique…

Hamza Bennour

“Les gens ont besoin d’amour, ils en ont marre qu’on ne chante que sur la révolution, sur la patrie”, expliquait en 2015, l’artiste tunisien Bayrem Kilani, alias Bendirman.

Ce lundi 3 septembre, à l’occasion du mariage du chanteur à la municipalité de La Marsa, il a effectivement été question d’amour, mais également de la patrie. Il y avait un petit air de réconciliation nationale qui soufflait au-dessus du palais Essaâda.

Ce mariage était l’occasion à ne pas manquer pour se montrer: tout le gratin de la politique tunisienne était présent. Avec en guest-star, Rached Ghannouchi qui s’est laissé aller à quelques selfies avec de jeunes invitées.

Facebook/Rached Ghannouchi

 

Réunis autour de Mohamed Kilani, le père du marié, fondateur du Parti socialiste de gauche qui avait été condamné à sept ans de prison en 1975, les invités ont fait de ce mariage un jeu du chat et de la souris, Hamma Hammami évitant soigneusement de croiser les ministres d’avant-Révolution ou Mohsen Marzouk s’éclipsant rapidement. Mais quelques poignées de mains, parfois très furtives, resteront mémorables, comme celle entre le patron d’Ennahdha et l’ancien ministre du Tourisme, de la Santé et du Commerce Mondher Zenaidi.

Le mariage de Bayrem Kilani aura été à son image: décalé. On aurait pu en rester à l’arrogance assumée du marié ou n’avoir d’yeux que pour sa ravissante épouse, mais ce qui fut finalement le plus intéressant était bel et bien dans la salle, avec cet hétéroclite parterre de stars. Il ne manquait finalement que le président tunisien, qui avait tout de même envoyé la porte-parole de Carthage, Saïda Garrache. Rached Ghannouchi, Lotfi Zitoun, Hakim Hammouda, Mondher Zenaidi, Fadhel Moussa, Fadhel Abdelkefi, Slim Tlatli, Hamma Hammami, Om Zied, Fatma Karray, Fathi Haddaoui, Lotfi Bouchnek… Une diversité politique inédite.

Hamza Bennour
Hamza Bennour

 

En une soirée, Bayrem Kilani a fait plus audacieux que le Quartet du dialogue national prix Nobel de la Paix: réunir les représentants de la gauche et de la droite tunisiennes qui ont bien été obligés d’admettre la fragilité du pays. “Nous devons travailler ensemble pour le bien de la Tunisie”, résume Mondher Zenaidi quand Slim Tltali énumère les réformes à mettre en œuvre de façon urgente et la façon dont l’ancienne génération doit passer le flambeau aux futurs jeunes dirigeants politiques.

À un an de la prochaine échéance présidentielle, il y avait à La Marsa comme un petit air de campagne politique…

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